L’exil « forcé » des étudiants en médecine.

Fac de médecine ToulouseChaque année, près de 2000 étudiants en médecine échouent au concours d’entrée en deuxième année. De plus en plus de jeunes Toulousains choisissent de poursuivre leurs études en Roumanie, en Espagne ou en Belgique quand ils en ont les moyens…

Hier après-midi, Camille a pris l’avion pour Bruxelles. Après deux échecs en première année de médecine, elle a décidé de s’expatrier en Belgique afin de pouvoir poursuivre ses études. « Je souhaite être sage-femme mais je n’arrive pas à passer l’année de sélection », confie la jeune Toulousaine. « J’ai réussi à intégrer une école d’infirmière à Bruxelles qui me permet de me spécialiser ensuite pour être sage-femme ce qui n’est pas possible en France ».

À Toulouse, de plus en plus d’étudiants en médecine sont contraints à choisir la voix de l’exil pour continuer dans leur branche.

Tenter sa chance en Espagne

Jeudi, Mathilde quittera Luchon pour Madrid. Après deux échecs successifs aussi en première année de médecine à Toulouse, elle ne souhaite pas renoncer. « Ma fille veut faire dentaire mais elle a terminé 400e au concours d’entrée en deuxième année alors qu’elle aurait dû se situer autour de la 150e place », indique sa maman. « C’est un vrai problème pour des jeunes qui ont envie de persévérer mais qui sont bloqués en première année. Ceci dans un contexte de pénurie de médecins généralistes qui se profile pour bientôt ».

15000€ par an

Comme une quinzaine d’autres jeunes Toulousains, Mathilde va suivre les cours d’une des nombreuses universités privées en Espagne. L’ouverture, cette année, d’un diplôme européen leur permettra d’exercer de la même façon à leur retour en France. Une éventualité dont doute la maman de Mathilde. « Je pense que beaucoup de jeunes resteront dans le pays qui les accueille pendant leurs études », ajoute-t-elle. « Les cours sont dispensés en espagnol donc ils doivent être parfaitement bilingues. L’autre contrainte concerne le coût des études qui est de 15 000 € par an, soit 75 000 € pour les cinq ans de cursus. C’est très cher. C’était un peu moins cher en Roumanie mais le niveau serait meilleur en Espagne ».

18 % passent en 2e année

Si beaucoup d’étudiants toulousains partent à l’étranger et choisissent le modèle des facultés américaines pour rester en médecine, c’est parce qu’à Toulouse, seulement 18 % d’entre eux sont admis en deuxième année. Une forte sélection due à l’intransigeance du Numerus Clausus qui fixe l’admissibilité à Toulouse comme dans le reste de la France avec la même rigueur.

Lors de l’année universitaire 2009-2010, 2 400 étudiants se sont inscrits dans les facultés de médecine de Rangueil et de Purpan. 2 200 ont été présents en cours et 400 ont été admis en deuxième année. Les 238 premiers ont poursuivi en médecine, les 70 suivants en dentaire, 32 ont intégré l’école de sage-femme et 60 ont poursuivi des études de masseur-kinésithérapeute.

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