Alerte à la bombe à Toulouse.

Alerte à la bombe à Toulouse.Son tee-shirt est aussi blanc que son visage. Tom est fatigué. De son week-end en prison. De sa vie. À 25 ans, ce Toulousain ne se remet pas de la mort de sa sœur. Il était enfant. « Vingt cinq ans que je suis déprimé, en fait. Je rêve d’une maladie incurable pour avoir un but… », dit ce prévenu qui transforme le tribunal correctionnel en cabinet de psychiatrie.

Le président Vergne prévient : « Vous n’êtes pas le criminel de l’année, ni même du mois ! »

Tom le sait même s’il ne se souvient plus de tous les détails. Jeudi dans l’après-midi, il a eu des soucis avec les gendarmes en raison de son état d’ébriété. Le soir venu, sur les bords du canal, il rumine.

Et après avoir avalé deux bouteilles de whisky (!) et pas mal de benzodiazépines, ses bonbons à lui, il a pris son portable et a appelé le commissariat central. Deux fois. Deux messages courts pour annoncer qu’il y a du « plastic » et que tout va sauter « à l’Embouchure ». Les policiers auraient pu croire à une farce seulement Tom qui voulait parler « italien » rapport à la mafia et être « pris au sérieux » est entendu comme un Espagnol. L’ETA n’est pas loin. L’hôtel de police est évacué, les gardés à vue sont attachés à l’extérieur, les CRS viennent en renfort (notre édition de samedi). L’enquête est aussitôt confiée à l’antiterrorisme de la police judiciaire « Cette très mauvaise plaisanterie a causé un préjudice certain », résume le président.

Tom, dans son malaise et sa maladie (il souffre de troubles bipolaire) en a conscience. « Je ne sais même pas ce qu’ils revendiquent l’ETA… »

Sa mère, en larme, vient à la barre parler de « ses mises en danger perpétuelles. Il essaye de s’en sortir. Il n’y arrive pas ».

Le parquet voulait un exemple, marquer les esprits mais évite de réclamer la prison. Les juges ont privilégié les soins. « Votre place n’est pas en prison, souligne le président en annonçant la peine (six mois avec sursis et mise à l’épreuve avec obligation de soins). Vous êtes un malade qui a franchi la ligne. C’est la première fois. Cela doit être la dernière. »

Source La Dépêche du Midi

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