F. Hollande et B. Netanyahu à Toulouse pour lutter contre l’antisémitisme.

francois-hollande-benjamin-netayahu-ohr-torah-toulouseEn cette journée de Toussaint timidement ensolleillée, jeudi 1er novembre 2012, Toulouse est devenue la capitale de l’amitié franco-israëlienne en accueillant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président français François Hollande.

Les deux représentants ont affiché leur unité contre l’antisémitisme lors d’une cérémonie dans l’école juive Ohr Torah, où Mohamed Merah avait tué quatre personnes en mars dernier. Le chef de l’Etat a souligné que la sécurité des juifs de France était « une cause nationale » et il a promis de mettre « tout en oeuvre » pour les protéger.

« Je veux aussi devant vous, familles, représentants, élus, rappeler la détermination de la République française à combattre sans relâche l’antisémitisme », a déclaré François Hollande. « Il sera pourfendu dans toutes ses manifestations, les actes mais aussi les mots. Il sera pourchassé partout (…), en particulier sur les réseaux sociaux qui accordent l’anonymat à la haine. »

Benjamin Netanyahu, qui s’était engagé à venir à Toulouse lors des obsèques des quatre victimes franco-israéliennes à Jérusalem, a jugé que les crimes de Mohamed Merah s’apparentaient à ceux des nazis pendant la seconde guerre mondiale. « S’il en avait eu la possibilité, cet assassin aurait tué chaque enfant juif qu’il aurait croisé sur son chemin, exactement comme les nazis ».

 

« L’histoire nous enseigne que l’antisémitisme commence par l’agression des juifs mais que, très vite, cela se répand à d’autres. (…) Si l’on n’éteint pas le départ de feu de l’antisémitisme, cela se transformera en un incendie qui se propagera pour consumer tout ce qui se dresse sur son chemin. »

Benjamin Netanyahu a salué la présence de François Hollande à ses côtés pour cette cérémonie, estimant que cela voulait « tout dire ». « M. le Président, votre présence ici est animée par l’esprit de la Résistance. La Résistance qui a donné à la France des dirigeants ou des personnalités comme Jean Moulin jusqu’à ses dirigeants d’aujourd’hui, animés par cet esprit. » En présence notamment du ministre de l’Education Vincent Peillon, du ministre délégué aux Anciens Combattants Kader Arif ou du maire de Toulouse Pierre Cohen, des prières juives ont été lues, notamment par le grand rabbin de France Gilles Bernheim.

Des proches des victimes ont également pris la parole, Yaacov Monsonego, directeur de l’école et père d’une fillette de huitans tuée par Mohamed Merah. Il a débuté cette cérémonie, le coeur rempli d’émotion et les yeux de larmes : « J’aurais tant aimé vous accueillir en d’autres circonstances et non lesté du poids de cette peine immense, d’un acte monstrueux de haine qui a pulvérisé mon univers. (…) J’ai eu mon fils au téléphone la veille et je ne pouvais penser que ce serait la dernière fois que je l’entendrais. » Le Premier ministre israëlien s’est levé pour aller à sa rencontre avant de lui offrir une longue accolade. François Hollande en fera de même.

Peu de temps avant la cérémonie, les deux dirigeants ont rencontré des élèves et parents d’élèves dans la bibliothèque de l’école. « Un enfant m’a interrogé, il m’a demandé combien de temps encore les forces de police seront présentes à l’entrée de l’école », a raconté François Hollande à la tribune. « J’ai répondu: ‘autant de temps que nécessaire, et autant de forces que souhaité, et partout en France, là où il y a une menace, là où il y a un risque. Le but de la République, c’est qu’il n’y ait plus jamais aucun policier devant une école’. » Un important dispositif de sécurité avait été déployé autour et à l’intérieur de l’école, avec portiques de sécurité, maîtres-chiens et fouille des invités.

Quelques 500 policiers, agents et autres personnels de l’état ont été mobilisés pour assurer la sécurité de l’événement. Le quartier de la Roseraie a été bouclé par la police et une partie du périphérique toulousain fermé à la circulation.

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