Vincent Delerm se raconte avant son passage au Théâtre des Mazades.

Il est sans conteste un des animateurs de cette rentrée culturelle depuis Septembre, et ce, à plusieurs titres. Tout d’abord, la sortie d’un 6ème album, que d’aucuns considèrent comme le plus abouti. Un vrai retour au song writing que ce « A présent ». En parallèle, la sortie de 3 livres photos, dont l’un qui est une ode au grand père, un autre retraçant quant à lui le charme d’une tournée pour Delerm et son équipe. Dans le cadre de sa prochaine venue au Théâtre des Mazades le 15 Décembre (un événement Bleu Citron) Vincent Delerm était à Toulouse pour un brin de promo. L’occasion d’une petite discussion informelle avec un enfant de la balle pas si sombre qu’on veut parfois bien le décrire.

Vincent, il est toujours difficile de trouver un titre à un album. Est ce que l’époque anxiogène et la nécessité du Carpe Diem collectif peut expliquer ce  » A présent ».

En partie oui,mais pas uniquement. C’est surtout une façon de se poser et se dire  » bon , alors voila on en est où en ce moment », faisons un bilan de ce que l’on a fait et de ce que nous sommes à présent

 

Vous qui avez souvent une réflexion sur le temps dans vos textes, est ce que cela se manifeste davantage avec l’arrivée de la quarantaine?

Non, pas forcément, j’avais déjà ce genre de réflexions quand j’écrivais à 25 ans donc je n’ai pas pris ce passage à la quarantaine comme une nécessité absolue de faire un bilan parce que c’est ce qu’on attend des quadras habituellement. On peut réfléchir à la vie et au temps qui passe à tout âge.

 

Vous touchez un peu à tout : théâtre, photo, chanson bien sûr. On dit souvent qu’en France on aime bien placer les gens dans des cases. Et que cela dérange quand on s’essaye à d’autres milieux. Tu le ressens.

En fait, ce sont des activités que j’ai bien étudier avant de m’y lancer. Ce n’est pas comme si je me réveillais un matin et que je disais : Tiens, je vais faire du théâtre. Je me suis préparé à tout cela, même si je reste chanteur avant tout, mais c’est super enrichissant d’avoir plusieurs cordes à son arc, et je n’ai pas envie de me priver de ce plaisir.

 

Nous avons en commun vous et moi d’avoir écrit les mémoires d’un de nos grands parents. Parlez nous un peu de ce livre et de ce rapport au grand père ?

Il s’agit d’un livre que j’ai écrit en écoutant mon grand père me raconter ses souvenirs, sa vie tout simplement. C’était un type génial avec qui j’ai partagé plein de bons moments. Je ne saurai parler du rapport aux grands parents car je l’ai écrit pour lui parce que j’avais un rapport spécial avec lui, il se trouve qu’accessoirement c’était mon grand père mais cela aurait pu être un oncle ou un ami. Ca permet de laisser une trace après son départ et c’est important. Une chanson de l’album ( la dernière fois que je t’ai vu) fait d’ailleurs écho à ce petit livre.

Autre lien entre l’album et les livres, vous évoquez souvent le bonheur que constitue pour vous une tournée. Comment cela se traduit il ?

La tournée c’est une super aventure, très excitante, ca permet très modestement de prendre le pouls du pays. Et puis jouer dans des salles mythiques, les avoir rien que pour moi pendant les balances, me dire que je peux m’asseoir à n’importe quelle place du théâtre, que je l’ai pour moi tout seul, c’est quelque chose de grand.

 

Vous vous étonnez toujours autant que les gens viennent vous voir?

Oui, moi comme les autres artistes. On est quand même dans une époque oú l’on n’a le temps de rien, tout le monde bosse dur et a plein de préoccupations. Et que à un moment donné, les gens prennent leur bagnole, s’organisent avec la baby-sitter, achètent des places parfois onéreuses, pour venir partager un moment, au milieu de tout ce qu’ils doivent faire, je trouve toujours ça fascinant oui.

 

Un rapport particulier ou une anecdote liée à la Ville de Toulouse ?

On me pose souvent la question dans les villes,savoir comment est tel ou tel public. Et c’est difficile tu sais ! On était venus 2 soirs de suite jouer au Sorano et d’un jour sur l’autre l’ambiance n’était pas du tout la même. Là je sais juste qu’on me dit le plus grand bien de la salle des Mazades mais je me garderai bien de généralités sur les publics de chaque ville.

C’est en tout cas une ville comme toutes les métropoles françaises, où tu sens une vraie vitalité, un bouillonnement, et ça c’est bien sûr hyper agréable.

 

Enfin, dans votre duo avec Benjamin Biolay, vous affirmez que les chanteurs sont tous les mêmes. Avez vous une particularité propre ou êtes vous comme ceux que vous moquez gentiment dans ce titre ?

Tu sais, au fond je crois qu’on est vraiment tous les mêmes, le message c’est « Venez m’aimer », on est tous en quête de cette reconnaissance et de ce besoin d’amour, quel que soit notre style et notre univers musical.

 

Ok, alors on viendra vous aimer aux Mazades le 15 décembre !

Et j’invite tous vos lecteurs à en faire de même. A bientôt pour vivre une belle soirée.

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