Jean François Larios: le livre confession chez Solar !

On vous présente aujourd’hui un livre qui détonne dans le milieu parfois polissé du football .  Un livre confession choc .

Sous la forme d’un parcours autobiographique, Jean François Larios, l’ancien international passé par Bastia, Montpellier, Saint Etienne entre autres, nous livre son parcours singulier .

En n’éludant aucun sujet, pas même sa relation adultérine avec l’épouse de son coéquipier Michel Platini, sobrement baptisée « Yeux Bleus » qui lui valut l’inimitié du milieu et faillit lui coûter sa place à la Coupe du Monde 1982 en Espagne . Cette Espagne dont il est orginiaire et qui sera aussi le théâtre de certaines de ses dérives, notamment l’île d’Ibiza, qu’il ne veut plus voir même en peinture aujourd’hui .

Larios, c’était avant tout un talent et un coeur énorme sur le terrain, qui le méneront même un temps à l’Atletico Madrid. On aura apprécié aussi le passage sur ses relations  » fleuries » avec Loulou Nicollin à Montpellier . A la lecture de ce livre, on se demande souvent ce qu’il serait advenu de la carrière de Larios s’il n’avait pas dilapidé ses meilleures années en sorties nocturnes, alcool, casino et autres … On ne refait pas l’histoire bien que Jeff se soit promis de se racheter une conduite .

Ce qu’il a commençé à faire en embrassant la carrière d’agents de joueurs après celle d’entraîneur . Là encore, un monde de requins nous sera décrit dans le livre, avec ses coups bas, cette vie dans les avions et les négociations épiques pour conclure un transfert .

Vous l’aurez compris, un livre à glisser dans votre bibliothèque sport et à lire d’un trait tant le parcours de Larios fut romanesque .

Nous avons choisi de vous livrer deux extraits poignants du livre, dans des registres bien différents, afin de vous faire percrevoir le ton … Bonne lecture !

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Aimer à en crever

Je suis déjà mort trois fois. Ma première mort, c’est une mort d’amour. Elle remonte à mai 1982, quand Yeux Bleus a décidé de rester avec lui. Les gens m’ont reproché d’avoir touché, non pas à une femme mariée, mais à un homme justement intouchable. Ah, parce que vous croyez que je suis le seul footballeur à avoir couché avec la femme de l’un de ses coéquipiers ? Ne me prenez pas pour un mulet. La liste est longue et je la connais. Il n’empêche : aux yeux de tous, je suis subitement devenu le pourri, le salaud de service, le paria du foot français. Tout le monde y est allé de sa petite version mais personne ne connaît la vérité. La vérité, c’est que je l’aimais. Vraiment. Et ça, on ne pourra jamais me l’enlever. Jamais. D’une histoire d’amour, les gens ont fait de la merde. Parce que si tout le monde en a parlé tout bas, personne n’a jamais osé dire tout haut ce qui s’est vraiment passé. Pas moi. Je vais tout vous raconter. Je vais briser ce grand tabou de l’histoire du football français qui m’a détruit. Comme ça, plus personne ne chuchotera dans mon dos, ni ne racontera n’importe quoi.

Je suis mort une deuxième fois, le 4 août 1988, quand une hernie discale a mis fin à ma carrière de joueur. Je n’avais pas encore fêté mes trente-deux ans et j’ai ressenti un vide abyssal. Celui de ne plus pouvoir exercer le plus beau métier du monde. Subitement privé de football, c’est un monde qui s’écroule. Mon monde. Ma vie. Celle que je vivais depuis plus de quinze ans. Je me souviens encore du titre de France Football, en 1980 : « Larios, Roi de France ». Buts, passes, pied droit, pied gauche, j’étais « Magic Larios ». J’étais un play-boy, pas un homme politique. Juste un joueur de football. Mais c’était déjà beaucoup. Cela faisait de moi une star, celle des Verts de Saint-Étienne et des Bleus de l’équipe de France. Pas un joueur en bois. Si vous me dites le contraire, je me les coupe. Parce que le football à mes yeux, c’est plus que de l’amour. C’est une folie.

Chapitre XI
Milliardaire

Je n’ai plus rien à faire dans la vie. C’est quoi, la vie, si tu ne prends plus de plaisir ? Que puis-je espérer de plus ? À vingt ans, j’ai connu la gloire, les femmes et l’argent. J’ai cru en moi et j’ai fait ce que j’ai pu. Je me croyais invincible et immortel. Au fil du temps, la vie m’a montré que j’avais tort. J’ai payé, et je continue à payer pour tout ce que j’ai fait.
J’ai brulé ma vie. C’est vrai. Mais je l’ai vécue intensément. Qui détient le monopole des sentiments, de la raison et de l’intelligence ? Personne en vérité. J’ai eu le plaisir d’avoir vécu une belle existence, sans remords mais avec deux regrets : celui de ne pas en avoir assez profité et celui d’avoir aidé parfois des cons qui ne me l’ont pas rendu. Pas grave. C’est le propre des cons.

J’ai joué avec le feu, Jean Francois Larios et Bernard Lions, Editions Solar, 312 pages

 

 

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