Interview avec Tété : en concert au Metronum le 28 mai 2019 avec son nouvel album !

Propulsé par le single « à la faveur de l’automne » en 2003, Tété revient cette année avec un 7ème album « Fauthentique ». L’auteur-compositeur-interprète de 43 ans nous parle avec légèreté des fakes news et du mensonge omniprésent dans la société. Il sera en concert au Metronom de Toulouse le 28 mai prochain ! 

Pourquoi avoir choisi de parler de l’illusion et du mensonge ?
Tout a commencé avec une chanson qui s’appelle « King Simili » et qui parle des faussaires. Avant, il y avait quelque chose de poétique, les faussaires falsifiaient des tableaux ou des œuvres d’art. Aujourd’hui, le faussaire moderne falsifie des médicaments, des titres de propriété.. des choses qui peuvent avoir une incidence dans la vie de tout le monde et au mépris des dégâts qu’ils peuvent causer. J’avais envie de parler de cela. Faussaire, c’est aussi un auteur qui raconte des histoires et moi c’est mon métier de raconter des histoires.

C’est pire qu’avant ?
Je me méfie du « pire qu’avant », le Monde a toujours été un endroit plein d’obscurité et de lumière en même temps. Sauf qu’aujourd’hui, si une fourmis se fait écraser en bas de la rue, on le saura parce que quelqu’un va prendre une photo et la mettre sur les réseaux sociaux. Si on voit 10 photos de fourmis écrasées en une même journée, on va se dire qu’il se passe quelque chose d’énorme, mais est-ce que ce n’est pas seulement parce qu’on le voit plus qu’avant ?

Lorsque l’on écoute l’album on se dit qu’en fait, ce n’est pas si grave.. C’est le message que vous avez voulu faire passer ?
C’est exactement cela. C’est un album qui parle de sujets sérieux sur un monde qui ne l’est jamais. Parfois, lorsqu’on lit les informations, on a l’impression que rien ne va et que l’on a plus de prises sur ce monde, mais finalement, rire de ces sujets n’empêche pas de s’en préoccuper. Cela permet de prendre un peu de distance avec ces sujets anxiogènes et puis on se réapproprie son quotidien en redevenant acteur de la chose.

Dans la chanson « un week-end sans wifi », vous parlez  entre autres des réseaux sociaux, de l’obsession pour les nouvelles technologies, vous êtes vous-même un addict ?
Oui et non, je m’en sert pour faire résonner mes chansons et mes concerts. Je fais plutôt partie du problème, moi qui regarde beaucoup de contenu sur les réseaux. Pour autant cela nous est tous arrivés de prendre son téléphone pour quelque chose de bien précis, d’être happé par une notification et de se retrouver deux heures plus tard toujours au même endroit. C’est rigolo de se surprendre en train de faire quelque chose qui n’a absolument rien avoir avec ce qu’on voulais faire au début. C’est aussi une question que je pose dans l’album : est-ce que tout cela nous appartient encore ?

Est-ce qu’il y a des sujets que vous n’osez pas aborder ?
Picasso disait que ce qui compte n’est pas le tableau mais l’œil qui le regarde. Ce qui compte, ce n’est pas de dire, mais de dire autrement. En partant de là, on doit pouvoir aborder tous les sujets. Ce qu’il y a d’intéressant, difficile mais si délicat et beau est que dans une chanson l’idée est d’essayer de trouver la bonne image. Quel que soit le sujet, personne n’a envie d’avoir l’impression d’être collé au mur avec un doigt inquisiteur sous le nez. Le rire permet justement d’aborder de manière détournée beaucoup de sujets que l’on pourrait croire compliqués.

De quoi vous-inspirez-vous lorsque vous composez ?
Finalement je crois que ce qui me donne le plus envie d’écrire c’est de voir les gens autours de moi, j’essaye de faire travailler mon oreille et de rester à l’écoute. Il y a des gens qui disent qu’une chanson ne s’écrit pas, mais que cela vous arrive pour d’autres. Souvent, lorsque je vais prendre un café au comptoir, les gens racontent des histoires et sortent des expressions ultra fortes. Parfois il suffit de se pencher un peu dessus et je me dit que cela pourrait faire une chanson. Pour promouvoir cet album « fauthentique », on s’est amusé à envoyer une fausse biographie aux médias, on a voulu s’amuser en  traitant un peu tout cela comme une fake news. De la même manière que l’album parle du faux, toute la rythmique de l’album est fausse dans le sens où elle est programmée, elle est pas jouée.

Est-ce que votre approche de la musique a changé depuis vos débuts ?
Oui, la musique est une matière vivante qui se nourrit au grès des rencontres, des voyages et des lectures. Le fait d’avoir écrit pour les autres comme les Fréros Delavega oblige à aller chercher d’autres portes. C’est super ça vous fait grandir. Je reviens d’Allemagne où j’ai fait une séance de co-écriture avec un chanteur Irlandais qui a collaboré avec The Avener. C’est autant de collaborations dont on revient plus riche.

Quels sont les artistes français du moment que vous appréciez ?
Il y a Tiwayo, il vient de jouer à The Great Escape un festival en Angleterre, on échange avec lui en ce moment. C’est difficile de ne citer qu’un nom, il y a Eddy de Pretto qui est très bien, Christine and the Queen qui a une super musicalité et M qui est là depuis toujours et qui nous tient un funk. C’est inspirant d’être entouré de pleins de talents ! 

Vous serez au Metronom de Toulouse le 28 mai prochain, est-ce-que vous abordez un concert différemment dépendamment du lieu dans lequel vous jouez ?
Ce qui fait la magie d’un concert, c’est la rencontre d’un lieu, d’un répertoire et d’un public à un instant donné. C’est vrai qu’il y a un fil rouge parce que c’est le spectacle qu’on a monté, mais on est tout de même surpris à chaque fois. Sur scène, je suis avec un bassiste, qui s’appelle Hugo. La particularité c’est que l’on joue avec un orchestre et un décor imaginaire, je n’en dit pas plus pour préserver le mystère.. C’est deux heures de voyage, de pop acoustique, avec de l’accent soul, blues. Quand on pense acoustique imagine souvent ballades, mais là ce que nous disent les gens c’est que c’est un concert hyper énergique. On en a autant pour le cœur que pour les gambettes !

Vous jouerez certains de vos « classiques » ?
Absolument, il y a des chansons de « Fauthentique »  que l’on présente et parfois que l’on déforme, mais il y a évidemment d’anciens titres comme « Madeleine », « La faveur de l’Automne ».. c’est un plaisir de continuer le chemin accompagné par ses chansons.

Où est ce que vous vous voyez dans 20 ans ?
J’espère que j’aurais toujours la passion d’apprendre de nouvelles choses. On vit une époque où il faut courir tout le temps, si dans 20 ans je cours un petit peu moins ça sera bien. Un petit point de qualité et de la passion, c’est un chouette programme !

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