Benoit Allemane en show théâtral d’une nouvelle japonaise ce weekend au Japan Natsu

Nous avons eu la chance grâce à l’équipe du Popcon de Toulouse de rencontrer Benoît Allemane. Il nous a accordé une interview sur son métier et nous a expliqué ses futurs projets dont une pièce japonaise..

Vous souvenez-vous de votre tout premier doublage ?

Tout à fait c’était en 1965 ou 1966. On m’avait dit tu as une belle voix tu devrais faire du doublage donc j’ai été frapper à la porte des studios. On m’a dit de regarder et de voir comment mes aînés faisaient. A un moment on m’a dit d’y aller mais j’étais tellement terrorisé que j’ai bafouillé. J’étais mal à l’aise parce que je n’avais pas la technique. J’étais très intimidé. Ce genre de situation est arrivée 5 ou 6 fois d’affilé et je me suis dit que je ne ferais pas de doublage de ma vie.

Ah bon vraiment ?

Oui car je ne me sentais pas à ma place. C’est seulement 10 ans après j’étais à la télévision sur TF1 et comme on tournait beaucoup en extérieur on devais se synchroniser par rapport aux bruits. J’y suis allé et la directrice artistique m’a demandé pourquoi je ne faisait pas de doublage. J’avais pour elle une bonne synchronisation. Et c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à faire du doublage. Mais avant c’était parce que je n’avais pas la technique et à l’époque j’étais vraiment intimidé par l’exercice voilà c’est tout.

Vous êtes la voix française de Morgan Freeman et comme on peut le remarquer c’est votre vrai voix vous ne trichez pas.

Oui c’est vrai. Quelque fois on me dit que ce n’est pas la même voix mais si. Ce qui change c’est l’intonation dans la voix suivant les situation qu’il joue. On va sentir s’il est tendu ou pas, s’il est triste, s’il est souriant… La voix c’est la carte d’identité du personnage.

Est-ce qu’il y a un film de Morgan Freeman qui vous a marqué ?

Oh je pense que c’est « les évadés ». Oui, parce qu’il est à la fois narrateur, personnage clé décrivant ceux qu’il a vécu et qu’on le voit entrain de vivre.

Oui tout à fait.

Et c’est amusant !

Vous êtes actuellement à l’affiche dans le film Chamboultout d’Eric Lavaine avec Alexandra Lamy et José Garcia. Vous avez un petit rôle mais avez-vous pris plaisir à vivre cette aventure ?

Mais bien sur, mais là c’était un gag parce que Eric Lavaine par le biais d’une casting woman a demandé à m’avoir à tout pris pour ce rôle. J’ai eu le script et en fait je ne disais pratiquement rien, j’ai cherché et en fait mon personnage ne faisait rien (rire collégial). Eric Lavaine a tenu à me voir. On s’est vu au bout de deux mois de contacts interposés et il m’a eu complètement (rires). La scène il n’y a pas grand chose mais il m’a dit : « C’est un échange de regard et c’est par ce regard qu’elle va comprendre l’état de son mari »? De ce fait on bascule de la comédie à un drame.  Il m’a dit que je correspondait en tout point au personnage et il m’a eu (rires). Il ne devait y avoir qu’une scène en plus la deuxième n’existait pas. Je devais juste passer avec un dossier et elle l’ouvrait et voyait que c’était fini pour son mari. Bon là comme je lui ai dit quelque chose il a rajouté la petite scène d’échange avec Alexandra Lamy. Mais c’est un clin d’œil. J’étais très heureux de tourner avec eux. J’ai trouvé qu’Alexandra Lamy était d’une incroyable gentillesse et toute l’équipe aussi. C’est vraiment que du bonheur.

Est-ce que vous avez fait partie du tournage en province ?

On a tourné deux jours à Paris et dix minutes à Saint Jean de Luz (rires). Ce qui m’a permis de rester là-bas cinq jours car il faisait très mauvais. Le temps n’était pas approprié pour les prises en extérieur.

Si on vous laissez le choix de doubler un acteur ou un personnage ?

On ne choisi pas, je ne me vois pas aller voir un directeur artistique sur un projet e lui dire que je veux absolument doubler cet acteur (rires). Tenez actuellement je double deux hommes noirs. Je ne sais pas pourquoi mais on associe ma voix à des hommes comme Morgan Freeman. Je pense que c’est l’imaginaire de voir les noirs comme des hommes costauds à voix grave, grand et très protecteur.

Des idées reçues.

Oui, ce qui est impressionnant chez les acteurs américains enfin anglosaxons c’est la brillance dans leur yeux. On sent que l’acteur joue avec émotion. Alors qu’en France on joue à fond ce qui n’est pas le meilleur choix. Tandis que là c’est ce qu’on appelle la distanciation. Cette qualité c’est de faire attention à la situation et c’est un grand plaisir.. Donc n’importe quel personnage ! J’ai encore fait dernièrement deux grand père noir complètement différent. Il y en a un qui a raté l’éducation de son fils et l’autre sa femme à un cancer et il est là pour la soigner… Donc deux personnages comme eux c’est du bonheur ! On apporte notre petite pointe d’humanisme et de tendresse pour l’un et de dureté qu’on accentue pour l’autre. On joue à jouer. On peut s’amuser à jouer une tragédie ou un drame social mais c’est quand même un jeu. C’est comme un enfant qui joue au chevalier Bayard…

Mauvais exemple beaucoup ne vont pas connaître vu qu’on enseigne plus l’histoire de France. Alors un enfant qui joue un héros et demande à un autre de faire le méchant. On joue à joué avec tout le sérieux qu’il faut bien évidemment.

Quels sont vos projets ? votre actualité ?

Alors qu’est-ce que je fais… Lundi matin je rentre sur Paris, à 19h jusqu’à 23h je fais un jeu vidéo. Il y a bien 3 heures de boulot et c’est terrible…

Ah oui une semaine type alors…

Oui… Alors mardi à 10H00 je fais deux documentaires de Morgan Freeman à la découverte de Dieu. Et après je crois que je ne fais rien. Mercredi matin j’ai un studio et mercredi après midi aussi. Je travaille tous les jours et je suis entrain de reprendre un spectacle que je vais donner ici lors d’un salon.

Ah.. Une pièce de théâtre ?

En fait c’est une enquête sur le meurtre d’un samouraï ce serait au seing d’un salon japonais.

Ah mince vous essayer de me coller, c’est l’arroseur arrosé (rires).

Oui (rires), c’est le Japan Natsu.

Mais bien entendu, je vais me faire tirer les oreilles (rires) !

Voilà je suis tombé sur une nouvelle japonaise. J’adore la littérature japonaise. Je la trouve extraordinaire parce que ce sont des personnages d’une violence terrible, mais ils sont en même temps d’une grande pudeur alors qu’il égorge comme ils veulent. Dès qu’ils disent « je t’aime » on a l’impression qu’ils s’insultent.

Non (rires) !!!

Mais c’est un paradoxe.On a en même temps l’odeur de leur fleur, l’odeur de leur thé quand ils le font, on a tous les parfums, c’est une littérature qui est assez magnifique. Surtout faites de nouvelles qui sont quelquefois un peu longues ou alors de très très long roman. Et il y a une nouvelle d’Akugatawa, c’est la mort d’un samouraï. Il a été retrouvé mort bien évidemment et tous les personnages qui ont été témoin de l’assassinat dont la victime elle-même viennent témoigner devant un lieutenant instructeur qui est dans la salle mais qu’on ne voit jamais. Mais ils viennent apporter leur point de vue. Il y a un bucheron, un moine, un chasseur de prime qui est une belle ordure. Il y a la belle mère de la victime un petit peu douteuse. Il y a le tueur lui même qui a été arrêté et qui déclare qu’il a bien tué cet homme mais qu’il n’a pas touché à sa femme. Mais enfin de compte il l’a violé. Il y a la femme qui elle dit qu’en effet il l’a bien violée mais que c’est elle qui a tué son mari. Mais il y a aussi la victime elle même qui à la fin donne une version qui est tout à fait différente et il dit même qu’il sait enfoncer lui même le poignard dans la poitrine et qu’il avait déjà été trucidé par le  tueur mais que quelqu’un est venu lui enlever le poignard mais il ne sait pas qui… donc on est en plein dans le mystère ! C’est formidable et tout ça en 40 minutes. Sept personnages, 40 minutes, de la musique, un mystère à découvrir et on est au cœur d’une nouvelle japonaise adapté au théâtre. Je l’ai déjà joué il y a deux ans, il y a un mois aussi… Je vais essayer d’en faire une tournée parce que c’est super; c’est vraiment la découverte d’une littérature qui est très intéressante ! Cela nous change un peu des mangas, qui ont leur qualité, mais là on emmène un peu de littérature japonaise aux jeunes, une autre vision de la culture japonaise.

Ce serait très bien en effet !

Sans vouloir jouer les professeurs (rires).

Merci beaucoup de nous avoir accorder de votre temps.

Je vous en prie.

Et on se revoit très vite au Japan Natsu pour assister à cette nouvelle théâtrale.

Oui, avec plaisir !

Rendez- vous aujourd’hui et demain au Japan Natsu au Diagora Labège pour deux jours de folie au cœur du pays du Soleil Levant grâce à la société Calme-toi Organisation.

Benoit Allemane Jouera cette nouvelle japonaise « Dans le fourré »

le samedi de 16 h à 17h et le dimanche de 14h15 à 15H15 à l’Hémicycle.

Le PASS 2 jours est à seulement 5 euros !!!

Pour plus de renseignement n’hésitez pas à consulter le site de Japan Natsu ! Vous pourrez y trouver la liste des invités, le programme et le plan du salon.

 

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