A la rencontre des voix mythiques de Cat’s Eye au Paris Manga

On retourne facilement en enfance au Paris Manga et on se sent un peu défaillir quand on rencontre les voix de Cat’s Eye.

Et oui comme bon nombre d’entre vous je n’ai rien manqué des aventures de Sylia, Tam et Alex les gentilles voleuses au grand coeur.

Et c’est trois grand noble coeur  : Annabelle Roux, Geneviève Taillade et Marie-Laure Dougnac qui m’ont parlé de leur souvenirs et de leur parcours de comédiennes.

Bonjour Annabelle, Geneviève et Marie-Laure. Comment s’est déroulée votre journée au salon Paris Manga.

Annabelle : C’était vraiment fantastique comme d’habitude. Les gens sont adorables, nous sommes bien reçus, c’est le bonheur !

Geneviève : Pour ma part c’est mon tout premier salon donc c’est une grande découverte. J’appréhendais un petit peu mais comme l’a dit Annabelle, les gens sont absolument charmants et ont est très bien reçus. On a eu des échanges avec des fans des séries qui étaient absolument adorables.

Marie-Laure : Je suis très touchée par la manière dont les gens sont engagés émotionnellement parlant par rapport à ce qu’on a fait, à notre travail. C’est vraiment très touchant, on a eu des échanges très sympathiques. Je voudrais quand même remercier une personne je crois qui vit maintenant à Toulouse c’est Martine qui a été la directrice administrative du Cours Florent et moi j’étais encore une jeune élève. Un été je travaillais au secrétariat avec elle pour pouvoir payer mes cours, ma vie de comédienne débutante. Et un jour un directeur de studio est passé et ils cherchaient des jeunes. Martine m’a immédiatement présentée comme une comédienne qui promettait. J’y suis très sensible car ça a été ma chance et je lui doit beaucoup et je la remercie du fond du cœur.

Vous êtes toutes de grandes comédiennes. On vous connaît pour vos voix de doublages mais vous avez un parcours sur les planches, entre autre, pouvez-vous nous en parler ?

Annabelle : J’ai eu une compagnie pendant très longtemps. On a monté beaucoup de spectacles et je m’occupais de la mise en scène, c’était super. Maintenant j’ai la chance d’être directrice artistique en doublage. C’est formidable, je m’éclate. Je fais de belles choses dont je suis très contente.

Geneviève : J’ai fait beaucoup de théâtre avant de venir au doublage, et c’est vrai que j’ai eu la chance de parcourir le monde avec Jean Paul Sarthe. J’ai été un peu partout avec une pièce de Ionesco, “Huit clos” de Sarthe. Je suis allée plusieurs fois au Japon bien avant de découvrir les mangas. C’est vrai qu’après j’ai joué beaucoup de pièces de théâtre sur Paris.

Marie-Laure : J’ai eu moi aussi ma période théâtre, ce fût d’ailleurs ma première activité parallèlement au doublage. J’ai toujours voulu, chercher à faire partie d’aventure théâtrale. Pour un acteur le théâtre c’est la base de tout. C’est le premier métier qu’on choisi le théâtre et on y revient toujours un moment ou un autre. J’ai eu une très belle aventure cinématographique avec le film délicatessen dont j’étais l’actrice principale. Depuis 30 ans je n’ai été invitée qu’une seule fois en Ardèche pour parler du film alors que c’est quelque chose qui a été très marquant pour moi et dont je garde un très bon souvenir. C’était une aventure assez importante alors si jamais vous souhaitez que je vous en parle n’hésitez pas à me faire signe (rires).

Justement Marie-Laure vous prêter votre voix à Gabrielle dans la série “Xena”. Pour moi c’est le personnage qui a le plus évolué et qui est interprétée avec brio par Renée O’Connor et je sais que vous l’avez rencontré. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Marie-Laure : Oui, j’ai vécu une véritable rencontre tout d’abord avec le personnage de Gabrielle dont j’ai interprété la VF sur la série “Hercule”. Après elle est apparu dans la série “Xena la guerrière” de manière récurrente. Elle a eu une très belle évolution comme vous dites.

J’ai eu la chance aussi de rencontrer Renée O’Connor  même si cela fût rapide et éphémère. C’était très chaleureux et j’ai vraiment vu devant moi l’actrice et le personnage que j’avais doublé. Renée O’Connor était venu en France pour un salon mais aussi pour parler cinéma vu qu’elle est productrice et réalisatrice. On est une nation reconnu pour le doublage et je me demande ce que pense un acteurs américain ou anglais quand on vient le voir en lui disant qu’on est sa voix française. D’ailleurs il y a un film avec Florence Foresti où elle va voir l’actrice a qui elle prête sa voix et lui dit “Débrouille toi mais je ne veux pas perdre mon rôle”(rires).

Geneviève et Annabelle vous incarnez toutes les deux un bioman : Annabelle “force rose” et Geneviève “force jaune”. Comment êtes-vous arrivées sur ce projet ?

Annabelle : C’est un petit peu la même équipe de Cat’s Eyes. C’était Frédérique Girard et Laurent Heling, des gens qui étaient nos directeurs artistiques et des amis parallèlement. Ils ont eu la gentillesse de nous mettre sur ses personnages. Nous avons fait des essais et ça a fonctionné visiblement (rires).

Geneviève : Oui c’est absolument ça, c’est eux qui nous ont choisi. C’était la période où on faisait Cat’s Eyes et beaucoup d’autre chose en même temps. On travaillait de façon très intense et souvent avec la même équipe.

Geneviève est-ce difficile de prêter sa voix à deux personnages de la même série ?

Geneviève : Alors oui je doublais Sylia et la femme policier Assaya. On ne faisait pas les boucles exactement l’une derrière l’autre quand même pour que j’ai le temps de me réadapter à ma voix principale qui était Sylia. Et je faisais une voix plus grave et plus sèche pour Asssaya. Il fallait faire la différence entre la voix séductrice et enjôleuse de Sylia et celle un peu plus stricte et directive d’Assaya. Sur le jeu aussi c’était très différent.

Et oui vous êtes Tam, Alex et Sylia. C’était une grande aventure Cat’s Eye ?

Marie-Laure : Cat’s Eye ça a été ma première aventure professionnelle, et c’est avant tout une rencontre avec Geneviève et Annabelle. C’est aussi une rencontre artistique avec une dimension qui nous échappait complètement à l’époque. Il y avait eu Goldorak, Candy. Mais la forme narrative et le style de Cat’s Eye étaient quand  même très novateur. Je pense que pour les gens qui s’y connaissent mieux que moi en manga cela a ouvert une voie. Et vous voyez on se retrouve aujourd’hui toutes les trois et c’est formidable et Cat’s Eye est rediffusée. Et puis on ne se prenait pas au sérieux. On était encore à l’âge du bélier où on fonce sans trop se poser de questions. On travaillait toute ensemble nos scènes par rapport à maintenant où bien souvent vous vous retrouvez seule pour enregistrer votre partie. Cat’s Eye reste inscrit dans notre parcours professionnel, artistique et personnel.

Annabelle : Oui c’était formidable. Mais de toute façon j’ai toujours trouvé quand on fait une passion que ce n’est pas vraiment du travail. Mais ce qui n’empêche pas pour des jeunes comédiens en herbe et des personnes qui veulent faire ça qu’il faut quand même travailler car c’est un métier. Mais c’est vrai que quand on fait les choses avec passion, on a toujours l’impression qu’on s’amuse. D’ailleurs ne dit-on pas dans notre métier “jouer”. On est quand même dans l’enfance.

Geneviève : Ce qui était quand même novateur à cette époque c’est que les héroïnes de la série étaient trois filles. Alors que la plupart du temps, c’est les garçons ou un mélange. Alors que là les Cat’s Eye étaient des héroïnes très émancipées pour l’époque. Elle étaient très indépendantes et plus sous la coupe des parents et nous on s’en rendait pas compte on trouvait cela naturel, on collait bien à nos personnages vu qu’on étaient nous aussi assez émancipées (rires). C’est pour cela que ça a marché aussi bien auprès des garçons que des filles.

Marie-Laure : Effectivement pour rebondir sur ce que dit Geneviève, les Cat’s Eye sont des héroïnes typiquement des années 80. elles sont émancipées. Quant elle revêtissent leur collants moulant et super sexy ce n’est pas pour séduire des mecs, mais pour elles et pour être à l’aise dans leur mouvements pour se faufiler. Elles me font passer à Fantomette ou au club des cinq. Nous avant c’est ce qu’on nous disait de lire et maintenant les parents disent à leur enfants “Tu devrais regarder Cat’s Eye”(rires).

Vous avez été réuni dernièrement par Philippe Lacheau pour reformer Cat’s Eye ?

Marie-Laure : Oui ça a été aussi un choc artistique et émotionnel. On s’est retrouvé comme avant sur le plateau des Cat’s Eye a retrouvé nos voix, nous remettre dans l’ambiance, nos pieds dans les chaussures des personnages. Le réalisateur a eu l’idée de faire un crossover et de faire intervenir les Cat’s Eye dans Nicky Larson.

Annabelle : Oui c’était marrant, très rigolo. On a retrouvé notre voix, notre jeu et le plaisir d’être ensemble. C’était vraiment cool et très sympa.

Geneviève : C’est vrai que c’était complètement inattendu, c’était un bon cadeau. On s’est aperçu assez vite que les voix collait bien à celles des enregistrements d’il y a de nombreuses années. C’était assez étonnant.

Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions.

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