Rencontre avec l’époustouflant duo Constance Dollé et Samuel Labarthe de la sublime série “De Gaulle, l’éclat et le secret” au FIFFH.

L’année dernière l’équipe du Festival International du Film de Fiction Historique (FIFFH) avait mis la barre haut en proposant une AVP de la somptueuse série “Le Bazar de la charité” de TF1 qui mettait trois destins de femmes en avant. En 2020, ils nous ont offert l’incroyable chance de découvrir pour la toute première fois en France deux épisodes de la mini-série “De Gaulle, l’éclat et le secret”. Un véritable chef d’oeuvre en 6 épisodes.

C’est au cours d’une entrevue avec Samuel Labarthe qui interprète le Général De Gaulle et Constance Dollé qui joue Yvonne son épouse que je découvre les secrets de la série. l’interview a été réalisé en duo avec notre collègue Joël Attard des fiches de “Monsieur Cinéma”.

Bonjour Constance et Samuel, vous venez de présenter pour la toute première fois les deux premiers épisodes devant un public composé de collégiens de 3ème. Qu’avez-vous ressenti ?

Samuel : J’ai été agréablement surpris de les voir intéressés et impliqués parce que ce n’est pas effectivement un moment d’histoire facile. La série rentre tout de suite dans le vif du sujet comme-ci les spectateurs connaissaient d’embler ce qui s’était passée. Il se trouve que cette génération de 3ème du collège n’en ont pas cours et qu’ils doivent apprendre, regarder dans des manuels. Ils ne connaissent pas le dispositif politique de l’époque, les différents tenants et les aboutissants. J’imagine que pour eux ce n’était pas évident de rentrer dans ces épisodes.

Malgré tout, ils ont posé des questions extrêmement pertinentes sur l’histoire et sur notre façon de faire notre métier à Constance et moi. C’était plutôt très agréable. Un collégien a posé la question : “Qui était Jean Moulin” ? J’étais content qu’il s’intéresse et qu’il avait envie lui-même peut-être de rechercher ces moments d’histoire.

Il y a une partie historique que j’ai trouvé très intéressante qui est abordé, à mon sens, pour la première fois, c’est “l’entente cordiale” entre De Gaulle et Churchill, les frères ennemis, qu’on a rarement vu à l’écran.

Samuel : A l’écran oui sans doute. Pourtant dieu sait si on connait les grosses disputes qu’il y a eu entre eux. Mais sans Churchill, il n’y avait pas de De Gaulle en tout les cas à Londres c’est sûr. Churchill dit : “Je vous reconnais. Vous êtes le Connétable de la France libre ! Je vous reconnais comme étant la France”.

Avec un discours qui laisse une porte ouverte à Pétain, vu qu’il négocie aussi avec le gouvernement français en place. Et puis au cours de la guerre Churchill devient le lieutenant de Roosevelt.

De Gaulle s’en rend bien compte et forcément ça créé des scènes terribles comme quand il apprend l’attaque de “Mers el-Kébir”.

Ou encore il est au courant seulement deux jours avant du débarquement alors que c’est lui et Passy  qui ont contribué a donné les renseignements ainsi que toute la résistance française qui a une grande part dans la réussite de ce débarquement.

La relation entre De Gaulle et Churchill, il y a beaucoup de livres qui en parlent dont François Kersaudy dans “De Gaulle et Churchill”. Il y a eu aussi un spectacle au théâtre Montparnasse qui met en scène ce grand duel. Ce combat des chefs entre Churchill et De Gaulle. Il s’appréciaient beaucoup et ils avaient en commun ce drame familial qui est d’avoir perdu tous les deux un enfant.

Vous disiez, en salle, que vous avez subi une transformation qui a duré 4 heures pour devenir De Gaulle. Quelle a été votre réaction la première fois que vous vous êtes vu avec ce maquillage assez impressionnant ?

Samuel : D’abord il y a eu des essais. On est passé par des trucs qui n’étaient pas possible (rires). Vraiment en urgence dans des laboratoires en banlieue, je ne sais même pas où c’était (rires). Mais ça faisait éléphant ou monstre de foire (rires collégiaux).

Constance : Oui c’était assez spécial (rires).

Samuel : Il fallait trouver un compromis entre les signes extérieurs de De Gaulle, c’est à dire effectivement un nez, des oreilles, un faciès qui puisse se rapprocher de celui de De Gaulle. Mais en aucun cas devenir une copie conforme ou une caricature. C’est ça le problème avec ces grands personnages qu’on essais d’incarner et non d’imiter. Si on imite on devient tout de suite caricatural. Et si on se rapproche trop de la stature on devient la marionnette des guignols de l’info. Ce n’est pas possible donc on est obligé de trouver ces fameux petits signes qui vont donner l’occasion au personnage d’entrer dans l’histoire et de ne plus se poser de questions. Il faut que le spectateur se dise : “Ok, c’est De Gaulle, on a tous les signes, on le suit”. Si il se dit : “Oh la la, mais c’est quoi ce qu’il a ? Mais c’est une prothèse ! Attends mais ce n’est pas son nez ? On voit que c’est une fausse oreille”. Là, c’est terminée ! Le maquillage peut aussi nous desservir totalement.

Constance : Quand on se voit, indépendamment de savoir si c’est réussi ou pas réussi, je trouve que ce qui est particulier quand on porte des prothèses, par rapport à un travail plus classique de transformation, c’est que là, la transformation, quand elle est réussie, permet une plus grande liberté.

Samuel : Tu as raison parce qu’on porte un masque cela donne une liberté supplémentaire.

Constance : Il y a quelque chose qui est tellement éloigné de soi que ça donne une protection. C’est génial. Et je me disais qu’idéalement il faudrait avoir autant le soucis de la silhouette. Même si cela se passe de prothèse, mais de travailler avec autant de soin l’image. En fait, c’est ça quand on travaille le masque balinais qui est un masque en bois qui recouvre l’intégralité du visage ou le masque italien “la commedia dell arte” qui est en cuir, tout autre chose d’une différente matière et la moitié du visage. On ne bouge pas pareil, on ne joue pas pareil et on n’a pas la même énergie qu’à visage découvert. Je trouve que ça permet de déployer son art et d’aller sur des territoires qui sont extrêmement vaste. Mais on n’a pas cette vision en France. On a pas cette culture du travestissement à ce point. On en parle très souvent, les anglo-saxons sont très fort pour ça. Ils sont assez débarrassés de ce souci esthétique. Pour parler d’autre chose je trouve même qu’être, entre guillemets, enlaidi, vieilli, pataud, là aussi vous ne portez pas la question de la beauté et de l’esthétique. Vous n’avez pas à y faire gaffe et c’est tellement génial !

Samuel : La contrainte après c’est que le maquillage qu’on porte sur la tête pendant très longtemps continue à faire son travail. Malgré les heures qui passent ça se décolle, cela demande énormément d’intervention alors qu’on a juste envie de se concentrer sur le jeu.

Constance : Oui c’est aussi d’autres handicaps.

Samuel : Oui et qui ne sont pas facile à gérer sur une journée et sur une telle durée. En plus de ça , non seulement on a un espèce de masque mais on doit vieillir avec. On a 30 ans de vie commune à signifier, à partager. Pour ma part cela passait par une décoloration de mes cheveux plusieurs fois par mois, ce qui n’est pas généralement tout à fait indiqué. Je ne dis pas les démangeaisons qu’on avait à cause de la colle ou autre.

Vous parlez d’une vie commune. Je pense que vous avez vécu des moments de complicité assez fort, vu qu’il y a des scènes qui devaient être assez intenses. Samuel vous demandiez après la projection s’il y a un moment où on avait ressenti de l’émotion. Pour répondre à votre question, il y a un moment très fort peut-être pas le plus important pour la plupart mais pour ma part ça l’est. C’est l’instant ou De Gaulle retrouve Yvonne à Londres après la fuite en bateau et ils se disent des banalités presque à se faire des remontrances alors qu’ils ont de la chance de se retrouver. Les lèvres et les regards parlent de façons différentes.

Constance : Pour tout vous dire cette scène, on a mis du temps à la trouver. Il y avait l’histoire de l’escalier qu’il fallait monter. Et puis en fait François (François Velle, le réalisateur) avait demandé à Samuel de passer dans cet espèce de couloir et puis de tomber sur sa femme. On ne trouvait pas la bonne distance. Tantôt il était trop loin, alors on essayait de le résoudre avec une histoire de focale mais ça ne marchait pas trop bien. Tantôt il était trop près et on se disait, ils ne peuvent pas il y a l’aide de camp qui est là, ils ne peuvent pas vraiment se retrouver. Cette scène a posé problème et il a fallu mettre la bonne distance et il fallu trouver comment réchauffer cette distance. On a arbitré d’une certaine manière qui fait que malgré tout il y avait de l’humour entre eux. Il y avait une forme d’ironie et de mordant.

Samuel : Et surtout les sorties sont réelles comme : “Ah vous voilà enfin”! Genre, vous en avez mis du temps, un truc de dingue. Alors qu’elle aurait dû couler.

Vous êtes en retard (rires).

Constance : Exactement. Et en fait je trouve que c’est des pirouettes astucieuses parce que cela évite d’être complètement submerger par quelque chose qui est trop fort. Il y a l’étiquette…

Samuel : Il y a de l’émotion mais pas de pathos, surtout pas.

Constance : Voilà, et c’est entre guillemet une grande leçon de l’interprétation : celle de ne pas céder à l’émotion qui vous envahit et qui est présente même à fleur de peau. Et ils étaient tout le temps là-dedans.

Samuel : Oui encore une fois on rappelle que c’est une époque où on ne montrait pas ses sentiments, ni ses émotions et surtout pas en public. Cela faisait partie de l’éducation de ne rien montrer. C’est compliqué quelque part pour des acteurs dont c’est le métier de montrer des émotions et des sentiments. Mais en même temps ce qui est très joli c’est que plus on cache, plus on retient, plus c’est visible.

C’est un juste ton à trouver. Ce que vous décrivez c’est un peu l’humour anglais, ce que pratiquez De Gaulle.

Samuel : Mais il avait du sang irlandais de sa mère et Churchill avait du sang français.

C’est l’ambiguïté des sentiments.

Constance : Et puis par ailleurs, c’est quand même deux personnes qui ont vécu dans le nord de la France et qui ont séjourné en Angleterre. Yvonne et Charles De Gaulle avaient un véritable intérêt pour l’Angleterre par l’éducation qu’ils ont reçu.

Samuel : Yvonne y avait même était toute seule.

Constance : Oui en effet.

Souvent dans les films historiques pour les uns, on met des chaussures.  Michel Bouquet disait qu’il devenait Mitterrand quand il mettait le manteau de Mitterrand. Samuel quand est-ce que vous avez endossé l’uniforme de De Gaulle ? 

Samuel : Vous avez raison de citer Bouquet. C’était mon maître au conservatoire. Très tôt avec François Velle on a parlé du parti qu’on avait à prendre sur ce personnage. Est-ce qu’on allait plus vers un Michel Bouquet dans “Le Promeneur du champ de mars” qui proposait l’esprit et la lettre de Mitterrand sans vouloir lui ressembler ? Ou est-ce qu’on allait vers des signes de ressemblances qui correspond au biopic moderne ? On ne peut pas ne pas ressembler à l’original quand on endosse ce costume.

Avec 4 heures de maquillage tous les matins, je vous assure que j’avais le temps de rentrer dans mon personnage (rires). C’est vrai que temps que je n’avais pas mon visage et mon costume, je n’étais pas De Gaulle. Cela se déroulait au fur et à mesure parce que je l’avais imaginé comme ça. J’étais encore une fois dans le masque. J’avais besoin de ce masque. Sa façon de parler, certaines gestuelles, d’être dans la pensée ça c’est notre métier. On est des acteurs de théâtre l’un et l’autre. On apprend à interpréter (voici la transformation de Samuel Labarthe en De Gaulle).

La grande richesse de cette série c’est quand même de très bon dialogues. 

Samuel : On avait un scénario magnifique de Jacques Santamaria, je ne peux pas dire le contraire. Des dialogues dont même pas une virgule était à toucher. Je me souviens d’avoir lu le scénario comme un roman.

Oui, tout en étant dans le flashback et l’ombre du passé, on est dans une écriture très moderne. C’est à dire qu’il n’y a pas de temps mort et on ne s’ennui pas. C’est tellement vivant qu’on n’est non plus simple téléspectateur mais acteur aussi. 

Samuel : C’est ce que permet la fiction et je trouve cela formidable. Au contraire du documentaire, qui est passionnant au demeurant. Il y en a même qui sont encore plus fort que des fictions en terme de narration et de document. Mais la fiction si c’est réussie, on s’identifie et on rentre dans l’émotion, moins présente dans le documentaire.

Je voudrais savoir votre regard par rapport aux autres. C’est à dire que quand vous l’êtes, vous avez en face des miroirs, des gens qui sont dans l’histoire. Vous avez Yvonne à côté. Yvonne vous avez le Général De Gaulle ou Churchill. Est-ce qu’un moment donné votre cerveau se débraille de l’acteur que vous êtes et vous devez spectateur de la scène qui est entrain de se tourner ? Question compliqué, pardon. 

Constance : Très bonne question.

Samuel : Vous avez raison de poser cette question. J’ai eu tous les jours des acteurs ou des figurants qui venaient vers moi en disant : “Oh c’est pas vrai ! Oh putain (rires collégiaux)” ! Il me découvrait en De Gaulle et c’était un choc pour certains. A la Boisserie, il y avait les gardiennes du temple dont une qui a pleuré en me voyant m’asseoir au bureau du Général et entrain d’écrire les mémoires. Tous les jours j’avais des signes et des “Oh” et je me disais qu’on s’était approché de quelque chose de bien, juste physiquement dans l’attitude le costume, le maquillage. Les gens étaient scotchés.

Cette série est une véritable ascension de l’Everest !

Et là, bravo la technique aujourd’hui, les effets spéciaux et bravo à mes deux maquilleuses ainsi que mon coiffeur qui ont fait un travail monumental tous les jours ! Cela c’est chouette, après il faut jouer la pensée gaullienne et les textes gaulliens et il y en a (rires). Tous les jours il faut les rendre intelligible et les comprendre. Cette série est une véritable ascension de l’Everest !

Constance : Pour vous répondre, alors c’est peut être dans mon tempérament, mais quand je porte ce genre de costume, tout de suite j’ai l’impression (rires)… J’ai l’impression que je suis rentrée dans un magasin de farce et attrape (rires collégiaux). Et que j’ai genre le nez avec la moustache et les grosses lunettes et ça m’éclate. Cela ne veut pas dire que je ne le fais pas sérieusement, mais c’est d’avoir des faux seins, un faux ventre, un faux cul, un faux machin et puis de faire “pouët pouët” (rires). Mais après le regard des autres, je le regarde, je vois Churchill (Christopher Craig). Je me dit : “Waouh c’est dingue, c’est super. Fais voir tes boucles d’oreilles”. Tout ça pour dire que je n’oublie pas le costume. En revanche quand vous additionnez le comédien dans le décor avec tous ces artifices qui mis bout à bout donne une espèce d’effet de réalité, oui là ça devient bluffant. Oh oui il y a quelque chose qui se passe. Et en particulier à La Boisserie parce que ce n’était pas un décor comme un autre.

C’est un lieu sacré ouvert pour la première fois pour un tournage. 

Constance : La Boisserie c’est La Boisserie ! C’est à dire que là on se retrouve chez le Général De Gaulle. Il y a un truc qui se passe. Il y a le bruit des graviers, la poignet de porte. Des événements importants ce sont passés là ! Je trouve tous ces petits sanctuaires très religieux…

Samuel : Il y a plein d’objets religieux.

Constance : Oui et il y a plein de choses. Il y a des cadeaux qu’on leur a fait. Vous êtes là et c’est comme si que vous étiez devant le mur des lamentations. Il y a des lieux où on ressent que l’histoire y est passée.

Samuel : Il y a une âme. J’ai été beaucoup moins touché lors du tournage à l’Elysée.

Constance : Normal La Boisserie c’est sa maison.

 

Votre travail consistait a beaucoup lire, emmagasiner des informations pour tout oublier ensuite ? 

Constance : Il a fallu beaucoup lire, se documenter en effet c’est une grosse partie du travail. Après effectivement, comme vous dites, un comédien ce n’est pas quelqu’un qui va être capable de parler pendant des heures de manière érudite sur le personnage. Par la suite il faut intégrer quelque chose qui est de l’ordre du mouvement de l’âme. Vous chopez à travers toute les lectures des informations qui sont très importantes. Tout comme une script pourrait le faire en disant : “Voilà, dans cette scène il s’est passé juste ça avant et juste ça après”. Le contexte est celui-ci. Mais par ailleurs pour arriver à incarner quelqu’un, il faut que vous ayez décidé, en collaboration avec vos partenaires, quelles vont être les lignes de force et les lignes mineur. Elles vont se traduire par la manière de prendre un couvert un moment donné, d’utiliser sa serviette de telle ou telle manière, de détourner un regard, ou de retirer un gant. Vous voyez ça c’est des choses qui renseignent sur un état d’esprit. Ce n’est pas de lire des livres qui va vous donner ça. Lire la biographie c’est ce qui va peut être vous permettre d’approcher au plus près ce qui a pu être le ressenti de ce personnage à ce moment là.

C’est plus une boîte à outil ?

Constance : Exactement, vous vous outillez.

Samuel : On a tous une manière différente de faire. Evidemment sur Yvonne il y a beaucoup moins de littérature que sur le Général De Gaulle, parce qu’Yvonne était plus en retrait des médias, des caméras ou des micros. C’était sa nature et elle est restée comme ça.

Je trouve que cette série lui donne une vraie place enfin et c’est le secret de cet éclat. Pendant 50 ans ils sont restés ensemble, pendant 50 ans elle est restée à ses côtés. Yvonne l’a soutenue, elle l’a accompagnée, elle a élevé ses enfants. C’est une femme absolument remarquable et je trouve que la série la met vraiment en lumière.

Après, en ce qui concerne la biographie, de mon côté j’avais une telle somme ! Mais pas seulement à lire, à voir et à écouter aussi. Il y a un site de l’INA qui est consacré juste au Général. Il y a tout ce qui est de la fondation. On s’y perd. Et puis il y avait pas que sur le Général mais sur ses aides de camp. Il y avait “Les mémoires de De Gaulle” et bien d’autres…  Et puis les grandes biographies de Julian Jackson dont  la dernière qui est d’ailleurs pour ma part la meilleure. Il y en a vraiment de tout les côtés. On a une sorte de kaléidoscope de plusieurs images. Un moment donné il faut absorber comme une éponge et puis presser tous les jours sur le tournage pour voir ce qui sort.

Constance : Vous êtes surpris par ce qui vous vient à l’esprit à ce moment là. C’est la manière dont on associe. Un peu comme un travail analytique ou psychanalytique. Vous avez quelque chose qui est là et hop il y a quelque chose qui s’associe. C’est ce mélange inexplicable, mystérieux qui va faire que vous allez être en mesure de jouer.  Par exemple, il y a de nombreuses photos sur le couple De Gaulle mais il y en a une qui peut vous rester en tête et vous vous en servez si vous devez représenté faire la silhouette du personnage. Chacun à la sienne et c’est ce petit phare dans la nuit que vous avez.

Samuel : C’est une alchimie très particulière en fait ça procède d’une obsession totale où on pense à ça tout le temps. Pour moi c’était le cas. On dors avec, on se réveille avec, on vit avec, on mange avec. Même si on n’y pense pas ça travaille toujours en arrière plan. Et tant qu’on est pas sorti du projet, même après. C’est très bizarre on a enclenché un mécanisme qui fait qu’on est tout le temps dedans.

Constance : Oui, c’est ça, c’est le travail créatif et n’importe lequel crée ce genre de choses.

Avant le tournage quel est le fait historique que vous connaissiez et qui vous frappez du Général de Gaulle ? Et est-ce le même après le tournage ?

Constance : Le fait historique… Bien évidemment c’était l’appel du 18 juin le Général De Gaulle derrière son micro. Mais aussi la libération de Paris. J’ai cette image de lui sur son char pendant la libération de Paris et le discours qu’ils prononce.

Après… En fait ce projet c’est des choses beaucoup plus intime. Et c’est en ça que le projet est particulier et réussi. On découvre, en travaillant, De Gaulle et sa petite fille sur les genoux. On surprend De Gaulle qui rigole avec Yvonne. On les voit même un peu gamins alors qu’ils ont tous les deux 70 ans passés.

Ce qui fait la rareté des grands hommes, c’est que ça vous déborde. Ils sont hors dimension et alors lui a plein d’échelles. Il est hors tout, il déborde le commun.

Ce qui m’en reste après, c’est des sensations. Le Général De Gaulle c’est quelqu’un qui a tâché d’être à la hauteur d’une certaine idée et de certaines convictions qu’il a essayé de faire vivre avec beaucoup de dignité et de loyauté. Il y a quand même une grande admiration pour une forme de dévotion, d’abnégation avec toute la mégalomanie que cela nécessite. Ce qui fait la rareté des grands hommes, c’est que ça vous déborde. Ils sont hors dimension et alors lui a plein d’échelles. Il est hors tout, il déborde le commun.

Samuel : Ecoutez, Yvonne parle tellement bien de moi (rires collégiaux). Je ne sais pas quoi ajouter à tout ça. Je ne vais pas me commenter moi-même (rires collégiaux). Oui à part être au service de la France comme rarement un homme d’Etat l’a été et d’aimer la France profondément avec ce qu’elle comporte de grandeur. C’est un mot qui fait un peu frémir la grandeur. Mais surtout avec la hauteur d’esprit. Je pense qu’on est dans un monde qui dénonçait déjà en 1943, ce qui est hallucinant. Il disait déjà : “Comment voulez-vous qu’il n’y est pas de dictature dans une société où tout le monde lit les même journaux, ont les même nouvelles, écoutent les même musiques, ont les même moyens de transport pour se rendre au bureau, font les même choses”. La dictature aujourd’hui, elle a d’autres noms mais on est dans une  société de mécanisation. Ce qui m’a frappé chez lui c’est cet aspect visionnaire qu’il avait. C’était hallucinant. Je ne sais pas c’était un médium. Il dit tellement de choses comme au référendum à sa défaite de 68 où il déclare : “Vous verrez Yvonne, les français se rendront compte que j’avais raison et dans 50 ans encore plus”. Et là on y est. Aujourd’hui tous les partis se réclament de De Gaulle. C’est impressionnant alors que c’était ses ennemis jurés. Il avait une certaine hauteur spirituel sans parler religion et un incroyable dévouement pour la France.

Combien de temps a duré le tournage de la série ? 

Samuel : 35 jours je crois.

Constance : plus !

Samuel : Un peu plus, je ne sais pas je dirais 40.

Constance : Mais plus Samuel,  50 jours. Tu ne t’en souviens plus tu vois tu as gardé le meilleur.

Samuel : Bah oui carrément. On avait chaque jour une petite citation de De Gaulle, drôle ou pas.

C’est assez original. Merci beaucoup. Connaissez-vous la date de diffusion ? 

Constance : Merci à vous. Normalement autour de la date de la mort du Général De Gaulle.

Samuel : C’est à dire un peu avant ou après le 09 novembre.

Les trois premiers épisodes de la mini-série “De Gaulle, l’éclat ou le secret” seront diffusés ce soir à partir de 21h05 sur France 2. Et les trois derniers épisodes le lundi 9 novembre 2020.

Une série à ne pas manquer pour son duo de choc fusionnel et incroyablement magistral : Constance Dollé et Samuel Labarthe. Mais aussi pour ces dialogues, les altercations entre Churchill et De Gaulle. L’amour du Général pour la France et ses proches. Tout comme celui d’Yvonne pour son époux marié aussi à son pays pour le meilleure et le pire.

Je n’ai vu que les deux premiers épisodes et je compte bien les faire découvrir à ma fille pour partager un moment d’histoire avec elle. C’est aussi un devoir de transmission qui est très important.

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