Entrevue avec Florian Hessique, réalisateur du film “L’instant présent” au cinéma à partir du 9 juin

Le 29 mai 2021 le cinéma l’Oustal à Auterive avait organisé une avant-première en présence d’un acteur et réalisateur du film Florian Hessique. Celui-ci après la projection a partagé un moment de discussion avec les quelques spectateurs présents. A la fin, il nous a accordé un moment où nous avons pu revenir sur le tournage, et le long métrage en lui-même.

Synopsis

Après une chute de cheval qui l’a plongé dans le coma durant près de dix années, Joshua revient aux écuries qu’il a si bien connues. Accueilli par Mario et Alice, il ne reconnaît rien ni personne. Durant toute cette journée, ces derniers vont tout tenter pour faire renaître quelques souvenirs dans la tête de celui dont ils ont été si proches, mais qui, aujourd’hui, semble être un parfait étranger.

Bonjour Florian, vous avez tourné « L’instant présent » juste après le 1er confinement. Martin Lamotte a même dit que c’était une vraie bouffée d’oxygène, vous confirmez ?

Oh oui je confirme. Quand on a été deux mois enfermés avec cet évènement de la covid qui un peu remis nos vies en question parce qu’on ne savait pas on serait déconfiné. Ça devait durer 15 jours puis 1 mois. On ne savait plus trop où on allait. Et c’est vrai que de se retrouver quelques jours après le déconfinement en pleine nature au milieu des chevaux. Finalement revivre quasiment normalement hormis le respect de règles sanitaires. C’était une vraie bouffée d’oxygène et un vrai bonheur. On a vraiment profité de l’instant présent et du tournage. Quand on est dans le quotidien, on ne se rend pas vraiment compte de la chance qu’on a de faire tout ça et là on en a pris la mesure.

Un film assez intimiste avec 3 comédiens et un personnage qu’il ne faut pas oublier : Iorga.

Oui, Iorga je ne l’oublierai pas (rires collégiaux).

Evidemment vu que pour vous c’est une véritable histoire qui existe avec Iorga et qui transparait à l’écran.

Exactement, Iorga c’est mon poney depuis qu’il a 2 ans et je devais en avoir 11 ou 12. On a grandi ensemble, on a fait les 400 coups ensemble surtout lui (rires collégiaux). Je ne pense pas qu’il m’attaque en procès pour diffamation là-dessus (rires collégiaux). On a fait beaucoup de choses ensemble. Tous ce qui se passe à l’écran il le fait vraiment dans la vie. C’est l’avantage de tourner avec des animaux qu’on connait. On peut écrire ce qu’ils font.

Et donc juste 3 comédiens.

Oui 3 comédiens, cela prouve qu’on n’est pas obligé d’avoir une pléthore de gens pour faire un film qui fonctionne… Enfin, je l’espère. L’idée c’était d’avoir ce cocon familial. De pouvoir être dans l’intimité de Joshua et des personnages qui gravitent autour. De créer cette complicité, cette relation, ce rapport à l’animal. Il n’y avait pas besoin d’avoir beaucoup de gens et je panse que ça ne peut servir que le film. On aurait pu avoir plus de personnages mais je ne suis pas certain que ça aurait été plus intéressant.

Martin Lamotte et l’un des comédiens. Vous avez fait sa rencontre sur la série « Nos chers voisins » et vous l’avez revu plusieurs fois comme dans votre émission « À votre service » où vous jouez un conducteur irascible.

Oui (rires). J’aime ce terme irascible, il me va si bien (rires collégiaux). Avec Martin c’est notre 4ème collaboration et c’est toujours un plaisir. En écrivant le scénario, je l’ai tout de suite imaginé dans ce rôle parce que Martin est très assimilé comédie et j’étais persuadé qu’il pouvait apporter quelque chose de vraiment très intéressant dans un personnage un peu bourru au cœur tendre. Je ne le regrette pas du tout. Martin n’a plus rien à prouver mais je sui très content qu’il ai fait ce film. Je trouve qu’il apporte vraiment une réelle plus-value, une touche de nostalgie et une pointe d’humour qui sert totalement le film et le sujet.

Vous avez aussi dans vos rangs Alice Raucoules qu’on connaissait plus par les chansons de la comédie musicale « Un été 44 » mais, aussi par son rôle dans le téléfilm « La loi de Valérie ». Vous lui offrez avec « L’instant présent » son premier grand rôle au cinéma.

Effectivement, Alice est une véritable découverte pour ma part et je l’espère aussi pour le public. Il y a eu un casting pendant plusieurs jours avec beaucoup de comédiennes et Alice a tout de suite était vraiment une évidence. Elle avait cette justesse, sans en faire trop. Le personnage d’Alice est très particulier à la fois présent et un peu ailleurs. Elle a ce côté insaisissable, intemporel. Alice est magnifique dans le personnage d’Alice. Pour la petite anecdote, c’est la seule comédienne répondant au nom d’Alice qui a passé les essais. Mais ce n’est pas pour cela qu’elle a été prise (rires).

Comme quoi le rôle était fait pour elle.

Oui, en effet je pense.

Pour Alice, la rencontre avec Iorga qui ne s’est pas passée comme prévu.

Oui, il y a eu un petit souci le tout premier jour du tournage. Alice tenait Iorga qui a eu peur d’un drapeau ou d’un truc qui volait donc il l’a légèrement bousculé. Elle est tombée et ça a été le baptême du feu. C’était un bonjour façon Iorga, histoire de dire : « Bienvenue dans l’équipe ». Heureusement plus de peur que de mal.

Un petit bizutage.

Oui, Iorga est très bizutage (rires collégiaux).

Il est très taquin ?

Taquin c’est le moins que l’on puisse dire. Tout le monde dit que Iorga c’est moi dans la vie. Ce n’est pas forcément très valorisant (rires collégiaux). On a des traits communs et j’ai envie de dire que plus il peut faire de mignonnes conneries, plus ça l’amuse. Il y a des jours où il n’avait pas du tout envie de tourner, bah on le remet au champ et on fait d’autres séquences. Le but n’est pas d’obliger les animaux à faire des choses qui ne leur disent rien et de toute façon si on insiste ça ne va rien donner. Il nous a fait quelques coups sympathiques façon Iorga mais ça on le savait avant.

Est-ce qu’il y a dans « L’instant présent » cette envie de montrer la complicité, le lien très fort qui uni l’homme à un animal ?

Oui il y a cette envie parce que d’une part c’est ce que je vis avec lui depuis des années. Après, je serai incapable d’affirmer des choses sur les sentiments des chevaux vus que je n’ai pas fait d’étude là-dessus. En revanche, il y a des choses qu’on voit et qui se passent. C’est vrai qu’un cheval c’est une éponge quand il vous connaît. Ils n’ont pas la même attitude quand ça ne va pas bien, on est énervé ou peur. Iorga, je pense qu’on le voit dans le film, est particulièrement expressif et on sait ce qui pense avant d’être au plus près de lui. On sait parfaitement si la journée va bien se passer ou pas (rires collégiaux).

Le personnage de Joshua a une certaine autodérision quand il parle de « page blanche » ou d’autres choses. C’était important pour vous qu’on le voit assez perdu à la recherche de ses souvenirs mais avec ce côté taquin ?

En fait, Joshua n’a pas perdu ses réflexes d’avant l’accident. Il a toujours eu ce côté un petit peu taquin et malicieux. Mais lui ne s’en rappelle pas, ça reste un réflexe. J’avais envie de montrer que Joshua est perdu mais il n’en souffre pas plus que ça puisque de toute façon si on le met dans une salle de cinéma, il va juste se demander ce que c’est et découvrir l’endroit sans en souffrir. Lui, vit vraiment l’instant présent. Parfois avec beaucoup d’appréhension et de questionnement mais finalement très peu de souffrance.

Oui, c’est Alice et Mario qui souffrent.

En effet, c’est ceux qui l’entourent. Ce que je voulais montrer dans le film c’est plutôt la vision de ceux qui reste. Ils souffrent mais ils sont très dignes, très forts et finalement c’est quand même grâce à eux que Joshua en est là et qu’il peut essayer de retrouver quelques sensations.

Après plus de 9 ans dans le coma, ils pensaient avoir perdu Joshua, mais en fait ils ne le retrouvent pas vraiment.

Oui, il retrouve le corps de Joshua, des traits de sa personnalité, ses réflexes, mais il n’y a plus que l’enveloppe charnel. Le reste n’est plus là donc on ne retrouve pas tout à fait la personne qu’on a connu.

Il y a une belle synchronisation avec la musique et les pas du cheval.

Ah oui vous l’avez remarqué ? On n’a pas travaillé pour rien alors (rires collégiaux).  En fait la musique de l’orchestre russe colle parfaitement au film. Ce n’était pas gagné d’avance, j’étais intransigeant avec eux. Je pense qu’ils ont dû s’arracher les cheveux et qu’ils ont très envie de me supprimer là-bas. Il a peut-être un contrat sur ma tête (rires collégiaux). Mais le résultat est là.

D’autres films à venir si j’ai bien suivi ?

C’est ça, vous avez bien compris (rires). Un film qui s’appelle « Face à face » et qui se passera en milieu carcéral sur la réinsertion des détenus à gros profil. Il sera en tournage à la rentrée prochaine. Et puis d’autres projets en cours et un autre film en écriture. Si on n’est pas reconfiné, qu’on peut retravailler normalement, les semaines, les mois et les années à venir seront assez remplis.

Merci Beaucoup Florian, c’est un très beau film que vous nous offrez.

Merci à vous. Et oui, il faut dire : « Très beau film, aller le voir » (rires collégiaux).

Recommandation

Alors si vous aussi vous souhaitez découvrir ce qui se passe pour Joshua après son réveil d’un coma à la suite d’un accident de cheval, dirigez-vous dans les salles obscures. Ce huit clos cinématographique porte sur des notes noires et blanches comme la musique et les jeux de couleurs qui accompagnent ces moments d’échanges de regards ou des morceaux de souvenir.

Programmation

« L’instant présent » sera au cinéma dès demain dans plusieurs salles françaises dont L’Oustal à Auterive ou Le Méliès Toulouse Castelmaurou.

photo montage article : © Yan RB et Copyright Panoceanic Films

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