Rencontre de l’actrice et écrivaine Anne Parillaud au festival Des Livres Des Stars 2021 à Paris

De nombreuses personnalités ont été convié cette année au festival des Livres des Stars qui avait lieu pour la première fois à Paris. Et si Anne Parillaud se fait très rare sur scène à part dans « Le Lauréat » au théâtre en 2018 ou encore dans la série « H24 » en 2020 sur TF1, elle était présente à l’évènement. Anne Parillaud avait à cœur de présenter son tout premier roman « Les Abusés » sortie en avril 2021 qui l’avait tenu loin des plateaux pendant près de 5 ans.

Elle nous a accordé une petite entrevue sous le signe de l’écriture.

Bonjour Anne, nous sommes au festival Des Livres Des Stars où vous présentez votre premier roman. Qu’est-ce que ça vous fait de rencontrer vos lecteurs ?

C’est très bien de rencontrer mes lecteurs parce que c’est là où on a le retour sur nos écrits. Sur ce qui les ont bouleversés, émus ou touchés. Les moments où ils se sont identifiés. Pour nous écrivains, c’est l’accueil suprême le retour du lecteur. Il est essentiel surtout quand on s’aperçoit que le livre est bien reçu, qu’il marche. C’est une façon des lecteurs de nous dire : « Continuez à écrire ».

Écrire, c’est une mise en abime beaucoup plus importante qu’en tant qu’actrice où on est dissimulé derrière un personnage.

L’écriture est un pari risqué ?

Vous savez dans ces moments-là on part un peu à l’improviste sans savoir si on va être reçu, comprise et si on va être aimé. Ce risque-là, c’est une mise en abime beaucoup plus importante qu’en tant qu’actrice où on est dissimulé derrière un personnage. Les choses sont floutées. Alors que là il y a une vraie mise à nue et c’est important de savoir si elle est reçue. D’aller dans des festivals tel que celui-ci, c’est un moyen de le savoir.

Quand je me suis mise à écrire je ne pensais pas être vampirisée par l’écriture comme je l’ai été. Je ne pensais pas que j’allais être autant habitée.

Vous êtes une amoureuse du jeu, des plateaux et de la scène. Mais comment est né votre amour de l’écriture ?

Il est né en écrivant. Quand je me suis mise à écrire je ne pensais pas être vampirisée par l’écriture comme je l’ai été. Je ne pensais pas que j’allais être autant habitée. C’est quelque chose qui m’a complètement emportée. Et ça je l’ai réalisé en écrivant. Maintenant que je sais que le livre plait ça m’encourage pour réitérer l’expérience et me remettre dans cet état qui est une véritable extase avec de fortes sensations. L’écriture c’est à la fois une torture et une jouissance, c’est un peu ambigu je sais, mais pour moi c’est les deux.

L’écriture c’est à la fois une torture et une jouissance.

La frustration de la page blanche et le plaisir d’écrire ?

Alors ce n’est pas de la frustration mais le doute, l’appel de l’écriture mais pourtant parfois on est inspiré ou pas. Quand je dis torture c’est un peu comme une drogue dont on ne peut pas se défaire. C’est-à-dire qu’on le veuille ou pas, il faut qu’on écrive. Ça peut être un peu torturant.

Vous l’avez dit c’est votre premier roman, mais pourquoi avez-vous choisi ce sujet ?

Parce que j’avais envie de parler des blessures de l’enfance et les résultats de ces blessures à l’âge adulte. Comment dans les relations humaines et amoureuses le socle affectif, étant perturbé ou pas construit de manière équilibré, va abimer à vie un individu dans ses relations ? Que ce soit dans son approche ou sa vision de l’amour parce qu’effectivement il y a quelque chose de dévié qui va l’amener à être déviant.

D’amener l’idée qu’un abuseur a été lui-même la plupart du temps un abusé. C’est toute cette mécanique psychologique qui me passionnait. Les situations que je peux décrire dans mon roman ont pu me traverser.

Et ça c’est un dossier qui m’intéressait vraiment mais à aborder sans aucun jugement. Ni plainte, ni jugement, je voulais vraiment apporter un autre point de vue plus dans la compréhension, l’étude, l’observation. De comprendre pourquoi il y a des abusés et des abuseurs. D’amener l’idée qu’un abuseur a été lui-même la plupart du temps un abusé. C’est toute cette mécanique psychologique qui me passionnait. Les situations que je peux décrire dans mon roman ont pu me traverser. Je les connais. Je me sentais légitime d’en parler, de le déployer en universalisant le propos pour que d’autres personnes se rendent compte qu’elles ne sont pas toutes seules.

Une idée pour un deuxième roman ?

Oui, j’ai une idée, une trame qui se dessine. Juste les prémices (rires).

Allons-nous avoir le plaisir de vous revoir à l’écran, sur les plateaux de tournage ?

Oui, je vais faire un film de mon roman.

Oh, vous allez l’adapté en scénario ?

Absolument, c’était ça mon but initial. Je vais incarner à l’écran mon héroïne !

C’est génial ! Je souhaite vraiment que votre projet aboutisse pour vous voir donner vie à votre héroïne Adélie.

C’est en bonne voie, mais merci beaucoup.

Le roman d’Anne Parillaud est disponible sur Amazon, Fnac… Alors n’hésitez pas à plonger dans la vie et les émotions extrêmes d’Adélie.

Résumé : Les Abusés  

C’est une petite avec des habits de grande. Une enfant à qui on ne demande pas son avis et qui obéit par peur d’être sanctionnée ou mal-aimée.

Sous les regards violés de tendresse, elle est devenue cette chose que l’on prend. Une fleur en pot, un corps inanimé, désincarné, mort presque. Un corps que seule l’ivresse amoureuse peut raviver. De quoi est faite cette espèce d’amour qui l’obsède ? Quel est l’empire qui s’exerce sur sa personne, la soulève vers des êtres indignes qui abuseront d’elle ?

Ne pas savoir qui vous aime de qui vous hait, monter dans les chambres, s’oublier dans des bras, espérer que l’autre vous donne ce que vous cherchiez sans savoir ce que c’est. S’abandonner parce que vous avez été abandonné. Se soumettre à ceux qui vous effraient, et continuer à se faire maltraiter.

Je vais incarner à l’écran mon héroïne !

Vous pourrez retrouver Anne Parillaud au  festival du Film Francophone d’Angoulême qui aura lieu du 24 au 29 août 2021. Elle sera Présidente du jury des étudiants francophones.

Photo montage : Festival des Livres des Stars 2021 – @sipapress

Share on facebook
Share on twitter
Share on pinterest
Share on email

Laisser un commentaire