Maxime Gasteuil arrive en ville… rose, son interview avec le spectacle au Zénith de Toulouse

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En tournée avec son spectacle « Maxime Gasteuil arrive en ville », l’humoriste de Saint-Émilion sera au Zénith de Toulouse Métropole le 24 février 2022. Il a accepté de répondre à quelques questions avant son retour dans la ville rose.

De quoi parle le spectacle ?

Le spectacle raconte le parcours un peu atypique d’un Saint-Émilionnais qui arrive à Paris. Au début il ne comprend pas ce qu’il lui arrive. Il y a un vrai choc des cultures entre la convivialité et la chaleur humaine d’un village où tout le monde se connaît, et une grande capitale où tout va très vite. Je désacralise ce qu’il m’arrive de mauvais pour en faire un spectacle d’humour. Mon histoire commence au moment où je suis monté dans un train pour Paris, jusqu’au soir où je suis devant eux sur scène.

Est-il plus facile de réussir dans ce métier lorsque l’on est à Paris ?

D’un côté, c’est plus simple parce que tout va plus vite, mais l’objectif que l’on souhaite atteindre demande beaucoup d’énergie. Lorsque l’on arrive à Paris, personne ne nous connait, il faut donc retravailler tout son réseau pour se créer une petite famille artistique. En sachant cela, je me suis dit qu’il ne fallait pas perdre de temps et aller tout de suite dans le dur. Pour passer entre les mailles du filet et s’en sortir c’est compliqué. Il faut quelque chose en plus, ce que j’ai en plus c’est Saint-Emilion.

As-tu déjà pensé à abandonner ?

Il y a 2 ans, j’ai failli tout arrêter. Mon père qui est un pilier dans ma vie, m’a beaucoup aidé. J’étais vraiment entre la dépression et le suicide. Il ne m’arrivait que des merdes, c’était très dur et très long. A un moment donné, j’étais dans Paris devant un pont et j’ai dit à mon père « je vais sauter », il m’a sorti de là en disant « Toi tu vas sauter ? Il va y avoir un bateau-mouche et tu vas te péter les deux jambes ». Il m’a fait marrer donc je suis reparti. L’humour est un peu une arme dans la famille.

Les anecdotes que l’on voit dans le spectacle sont toutes des histoires vraies ?

Oui tout est vécu ! Bien-sûr que j’étire, je vais très loin, je digresse mais la base est vraie. Je me suis rendu compte que de toute façon, une vanne est bonne lorsqu’elle est vécue. En dehors du texte, l’interprétation est très importante pour le spectateur. Que ce soit dans la manière de parler ou de projeter ses vannes, on voit tout de suite si ce n’est pas vrai, le spectateur n’est pas un abruti.

Il y a-t-il des sujets que tu n’oses pas aborder ?

Je n’aborde pas tout ce qui est politique ou actualité. Je n’ai aucune légitimité à faire cela. Je suis un clown et selon moi les clowns restent à leur place. Je laisse tout le monde mener sa vie comme il l’entend et je ne suis pas là pour incarner la « bonne parole ». Avant d’écrire ce spectacle, et pour la plupart de mes projets avec la production, on se demande toujours, « qu’est ce qui va les faire rire ? » et « qu’est ce qui va leur faire du bien ? ». Personnellement, je n’ai pas envie de dépenser de l’argent pour passer un bon moment et qu’on me rebalance des sujets que j’ai entendu pendant toute la semaine aux informations et dans les médias. Il y en a qui le font très bien mais je ne suis pas client de ce genre de choses.

Est-ce qu’il y a des personnes que tu admires dans le métier ?

J’ai eu la chance que Jamel [Debbouze NDLR] me prenne pour faire le Jamel Comedy Club, l’une de mes premières télés, c’est une fierté et une reconnaissance absolue. Bien-sûr, il y a Gad [Elmaleh] et Kev [Adams] qui m’ont invité à faire la première partie de leur show « Tout est possible ». J’avais quand même une place de choix, il y avait une quarantaine d’humoristes émergents, et c’est moi qu’ils ont choisi.

Il y a-t’il des jeunes que tu aurais envie de lancer ?

C’est très mauvais qu’un artiste en produise un autre. Avant d’aider quelqu’un je préfère m’assurer moi. Je n’ai pas envie de dire à quelqu’un que je vais l’aider alors que je ne vais m’occuper que de moi. C’est souvent ce qu’il se passe. Malgré ce que l’on a beau dire, on est égocentriques. Je n’ai pas envie de passer pour un menteur ou quelqu’un qui ne serait pas allé au bout de ses objectifs. Aujourd’hui je m’intéresse à mon public et à mes activités. Bien-sûr, on peut tendre la main ! Il y a toujours des premières parties à Paris, et mes potes qui font de l’humour ou qui galèrent à remplir les salles viennent avec grand plaisir. Sinon, il y a un petit gars très cool et très sympa qui s’appelle Nordine Ganso. Il est bordelais, il fait mes premières parties depuis longtemps. Il a fait le Trianon et le Femina à Bordeaux, et là il vient à l’Archéa et au Zénith donc il est assez content. Et moi, ça me fait plaisir de le mettre là, c’est un plaisir partagé.

En dehors de l’humour, est-ce qu’il y a des artistes qui t’inspirent ?

J’aime beaucoup Olivier Marchal, le réalisateur de Braquos et ancien flic. Il fait beaucoup de films sur le grand banditisme. C’est sûr que s’il m’appelle demain pour faire une série…

Si c’était à refaire, que changerais-tu ?

J’ai voulu partir à 18 ans mais je craignais de ne pas être assez mature. Finalement je suis parti 4 ans plus tard mais quand je vois comment les choses se sont passées, je me dis que j’aurais dû me lancer. J’aurais été aussi prêt parce que ce n’est pas quelque chose que l’on prépare ou que l’on analyse.

Qu’est ce qui t’en a empêché ?

L’audace. Mon père me disait « vas-y, casses-toi et montre nous » mais j’avais peur. Mais un jour c’était plus fort que moi, je me suis dit « maintenant il faut y aller ». Pourtant j’avais ma petite vie, je gagnais 2 000 euros par mois, j’étais assez heureux, j’avais une voiture, mes parents m’aimaient… J’étais un jeune très privilégié mais ce n’était pas moi. Il me manquait quelque chose. Quand je regarde en arrière et que je vois ce mec de 22 ans qui s’est dit « j’y vais demain », je suis très fier de l’avoir fait. Je fais beaucoup confiance au destin, les choses se passent quand elles se passent.

A l’intérieur de toi, tu étais convaincu qu’un jour ça marcherait ?

C’est fou mais le vecteur de se dire « je vais y arriver », cette envie-là, c’est très fort. Je ne sais pas d’où ça vient, je ne peux pas l’expliquer. Quand j’étais petit, je m’y voyais. J’étais sur mon tapis, je parlais à Arthur et j’étais aux “Enfants de la télé”. Tout ce que je fais aujourd’hui je l’ai vu. J’ai un souvenir dans ma chambre à 14 ans, je faisais le rappeur, je faisais l’humoriste, j’étais ailleurs… J’étais déjà là. Evidemment il y a encore du parcours à faire mais si j’avais su il y a 10 ans que je ferais le Casino de Paris.

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