Lutte contre le moustique-tigre, Toulouse passe à l’action.

Depuis 2015, la mairie de Toulouse agit sur tous les fronts face au méchant Aedes Albopictus, c’est le nom scientifique du moustique-tigre. Quels sont les modes d’éradication de l’insecte, quels sont les moyens mis en oeuvre par les Autorités pour préserver les populations de ses piqûres, quels sont les gestes à faire pour éviter sa prolifération ? Autant de questions auxquelles nous vous proposons de répondre simplement.
moustique-tigre
Moustique tigre aggrandi 20 fois – Copyright Mairie de Toulouse

L’Aedes Albopictus ou moustique-tigre est une espèce invasive, originaire d’Asie, qui se déplace et s’est implantée à travers le monde en empruntant les moyens de transport (bateaux, avions, voitures, trains).
Bien plus petit qu’une pièce d’1 centime, le moustique tigre, noir rayé de blanc sur tout le corps, dispose d’une ligne blanche longitudinale sur la tête qui se poursuit sur le thorax. Le moustique-tigre reste sur le site où il a été pondu et ne s’en éloigne pas au-delà d’une centaine de mètres (mauvaise aptitude au vol). Autant dire que le moustique-tigre qui vous pique a été pondu dans votre entourage !
L’une des autres particularités de ce moustique est de piquer toute la journée et, en particulier, au lever et au coucher du soleil. Dans la journée, il a tendance à s’abriter de la forte chaleur dans la végétation d’où l’importance de tailler
celle-ci. Il craint également le mouvement en général et le vent en particulier, fuyant ainsi les intérieurs ventilés. Plus actif de mai à octobre, il disparaît, sous forme adulte volant, totalement de décembre à avril (diapause), mais l’espèce
subsiste par les oeufs pondus à la fin de l’automne lesquels écloront en avril. Ses piqûres sont souvent douloureuses et peuvent transmettre, dans le cas où le moustique-tigre aurait été contaminé lui-même au préalable par le prélèvement de
sang d’une personne porteuse du virus, des maladies (dengue, chikungunya, zika).

En France, il a trouvé dans les grandes villes, les conditions climatiques favorables à son installation durable. Sa présence est établie sur la commune de Toulouse depuis 2014.

Depuis 2015, la mairie de Toulouse développe auprès des agents publics des opérations de sensibilisation, de formation ainsi que des actions menées dans l’ensemble des services impactés par le phénomène.
La Mairie déploie depuis 2018 ses actions de prévention contre les moustiques. En 2019, la responsabilité des maires est plus grande encore. L’enjeu de sensibilisation et de traitement préventif devient un enjeu permanent avec des risques croissants pour la santé publique. Son plan d’actions est renforcé en 2019.

Ainsi, elle vérifie que l’ensemble des espaces publics (parcs, jardins, terrains de sports, cimetières, etc.) ne favorise pas l’apparition de gîtes larvaires et, pour ce faire, veille à l’entretien et à l’assèchement des lieux lorsque c’est nécessaire.

Dès février, les foyers potentiels de larves de moustiques sont recherchés sur les propriétés publiques. En parallèle, des actions d’éradication permanente des larves identifiées sont menées sur les sites et les bâtiments dont la Mairie a la charge. Enfin, des moustiquaires, des climatiseurs et des nichoirs à chauve souris sont installés dans certains équipements (crèches, etc).

Au total, ce sont 101 sites qui font l’objet d’une surveillance accrue et de traitements de façon préventive ou curative par les agents municipaux du service « animal dans la ville » :

  • 82 de ces sites seront traités de façon préventive 1 fois par mois entre avril et octobre 2019, soit 492 traitements préventifs réalisés
  • 18 crèches et 22 écoles sont concernées par ces traitements.

Les traitements réalisés s’intègrent dans une démarche éco-responsable : seuls des produits à base de matière active naturelle et biologique sont
utilisés pour le traitement anti larvaire des moustiques (les produits utilisés sont uniquement des produits biologiques classés « Biocides » selon la Directive Européenne 98/8 et ayant une autorisation de mise sur le marché (AMM)).

Expérimentation depuis 2018 sur la crèche Croix-de-Pierre

Cette crèche expérimente depuis 2018 plusieurs actions pour lutter contre la prolifération des moustiques. Elle a été équipée de deux bornes anti moustiques, de deux gîtes à chauve-souris, de moustiquaires, etc. Des traitements mensuels entre avril et novembre 2019 de la toiture terrasse sont planifiés. Les haies et les espaces verts sont entretenus. Les agents du site ont été sensibilisés aux gestes élémentaires pour éradiquer les gîtes larvaires en 2018. Une enquête environnementale est effectuée chaque année dans un périmètre de 150m autour de la crèche (des conseils riverains ont été donnés et des plaquettes ont été distribuées). Un courrier d’information est adressé au voisinage. La crèche a fait l’objet de nombreuses plaintes en 2017. Aucune n’a été formulée en 2018.

Des gestes simples pour limiter sa propagation

Un lieu de ponte pour l’aedes albopictus c’est :

  • un réceptacle (quelle que soit la contenance de 1cm à des mètres cubes d’eau)
  • de l’eau :
    – avec des variations de niveau (la ponte a lieu à l‘interface air/eau sur le bord du récipient et le niveau doit monter pour recouvrir les larves qui se développent en milieu aquatique).
    – stagnante car le moustique-tigre craint le mouvement et redoute les poissons et batraciens friands de ses larves
Les réflexes à adopter

A l’intérieur

  • Ventilez votre logement le plus possible en créant des courants d’air, en utilisant des ventilateurs…
  • Vérifiez l’herméticité de vos portes et fenêtres et, si besoin, installez des moustiquaires…

A l’extérieur

  • couvrir de manière hermétique ou avec des moustiquaires, récupérateurs d’eau de pluie (voir illustration ci-dessus), cuves, fûts divers, réceptacles pluviaux en plastique, etc.
  • curer siphons de lave-mains extérieurs, de fontaines, bondes d’évacuation extérieures, rigoles couvertes avec grille, gouttières, chéneaux, etc.
  • entretenir  piscines, bassins d’agrément (en introduisant des poissons rouges), pompes de relevage, regards et bornes d’arrosage, jardins (haies, herbes hautes, débris végétaux), etc.
  • évacuer tout type de déchets !
  • porter des vêtements amples, clairs et couvrants
  • ranger  (à l’abri de la pluie) brouettes, seaux, pneumatiques, jouets pour enfants, cendriers, poubelles, arrosoirs, caisses, pots divers, etc.
  • vider coupelles, pots avec réserve d’eau, gamelles plastiques ou inox pour animaux domestiques, pieds de parasols, bouturages, plis de bâches, éléments de décoration pouvant retenir l’eau, pluviomètre, etc.

Si vous avez connaissance de gîtes larvaires sur l’espace public, vous pouvez les signaler via le service de l’animal dans la ville au 05 61 22 23 43

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