Confidences, sous le soleil toulousain, de la talentueuse comédienne Annelise Hesme.

Annelise Hesme

Engagée, souriante, généreuse, Annelise Hesme est une comédienne aux multiples facettes. De nature optimiste, elle s’engage à 100% dans chaque rôle comme si c’était le dernier. Marguerite, Andrea, Stateira, Valérie, Madeleine, Nina… des rôles de femmes qu’Annelise Hesme a su interpréter avec pureté et simplicité.

A l’occasion du tournage de Meurtre à Toulouse, Annelise Hesme nous a ouvert les portes de son jardin secret : Confidences toulousaines d’une comédienne que WebToulousain adore.

Comment se passe ce tournage toulousain ?

Pour le moment, je n’ai tourné qu’un jour, où il faisait très chaud. On était dans un magasin de musique dont le toit était en tôle. La maquilleuse avait beaucoup de mal avec le maquillage. Il fallait éviter que je ne sue comme feu Johnny [Hallyday] sur scène. Mais, cela s’est très bien passé. Le soir, nous avons tourné le long de la Garonne, c’était juste éblouissant. Le tournage doit aussi se dérouler prochainement au musée des Abattoirs.
Toulouse, est une ville magnifique. C’est mille fois plus beau que Paris. Cette ville, je la trouve grandiose parfois monolithique avec ces places carrées, mais la brique rose et la place du Capitole sont des éléments importants de cette ville.

Grâce à ce début de tournage, j’ai mieux découvert Toulouse. Avec le Canal des secrets, c’était plus sur le canal du Midi que dans Toulouse même. [NDLR : Annelise Hesme interprétait le rôle féminin principal d’un autre téléfilm pour France 3 qui se passait déjà dans la région.]

Dans ce « meurtre à Toulouse », quel rôle jouez vous ?

En fait, je joue la mère de la femme flic, Cécile Gimet jouait par Camille Aguilar qui arrive à Toulouse. Elle est la directrice du musée des Abattoirs. Plus jeune, elle était rock’n’roll. Elle avait son propre groupe de musique. Elle a même eu une fille avec le leader du groupe. Celui-ci est malheureusement mort. Elle a donc élevé sa fille toute seule.
Sa fille Cécile est son opposée. Elle travaille dans la police, elle est rangée…
Malgré leurs différences, elles ont cependant eu des rapports très fusionnels et très beaux.
Là, elle arrive dans la ville rose, pour réaliser sa première enquête sur une série de meurtres de plusieurs hommes.
Alors on va découvrir, que ces meurtres sont liés à son passé, à la mort de son père.

C’est une intrigue policière sous fond de vie privée. C’est ce que me disait Jean-Baptiste Nerac, le producteur, il voulait faire avant tout un meurtre à …., en respectant évidemment les codes de ces productions : le premier rôle pour la ville, le deuxième pour l’équipe de policiers, la famille et l’histoire. Mais il voulait faire avant tout un film d’acteurs. On a vraiment eu une liberté au niveau des acteurs. On a eu, avec Yvan le Bolloc’h, une liberté de jeu que l’on trouve rarement en télévision. C’est-à-dire que Sylvie Ayme, la réalisatrice, nous a dit que l’on pouvait changer le texte, improviser… Ce n’était pas rigide.
On est certe cadrés par les codes des « meurtres à », mais dans le jeu, on a pu s’exprimer comme l’on voulait. C’est la première fois que je travaille avec Sylvie et j’ai été vraiment heureuse de ça, d’être libre.

Ce n’est pas la première fois que vous jouez dans un « meurtre à ». Est-ce que les deux histoires se ressemblent ou pas du tout ?

Il y a toujours des codes, une jeune flic arrive ou un supérieur arrive. Paris débarque en province. Ils ne s’aiment pas trop au début et après ils s’entendent bien. Il y a toujours ces éléments-là. Après, l’histoire est riche, des personnages autour, puis l’intrigue se mélange aussi au privé.
Ces deux meurtres sont différents, ils n’ont pas la même histoire. Déjà, il n’y a pas d’histoire d’amour entre les deux policiers à Toulouse. Il y a une énorme différence d’âge entre Lionel Astier qui joue le commandant de police Simon Keller (70 ans) et Camille Aguilar qui joue Cécile Gimet, major de promo dont c’est la première enquête sur le terrain. Le commandant de police a aussi une histoire personnelle qui est développée dans ce meurtre à. Il va le comprendre au fur et à mesure.

Vous avez joué une multitude de rôle aussi bien dans des films que des séries. Est-ce que vous vous reconnaissez un peu dans chacun de vos personnages ?

Oui parce que dans chacun d’eux, il y a une part d’humanité, il y a quelque chose à sauver. Il y a toujours une blessure, la mort d’un proche… Un évènement qui peut transformer une personne comme la machiavélique dans l’escalier de fer.
Je me suis le plus reconnue dans le rôle de la sorcière d’Inquisicio.

Après les rôles de mes débuts au cinéma, c’était plus le fantasme que les hommes projetaient sur moi et non mon désir. Ce n’était pas moi.
Mais il faut bien commencer, ça a été difficile. D’ailleurs, le mouvement « me too » n’est absolument pas encore passé dans le cinéma français.
Ces gens se permettent tout, ce milieu m’a vraiment dégoutté au début. Le pouvoir dans le cinéma est vraiment vertical alors qu’à la télévision s’est plus horizontal. Il y a beaucoup de personnes qui décident. On peut être moins soumise à la pression, aux agressions, aux propositions indécentes que j’ai eues bien trop souvent dans ma carrière.

Effectivement, en France, quelle que soit la profession, il y a toujours ce distinguo entre les hommes et les femmes. Quel est votre avis ?

En France, il y a une chape de plomb sur le droit des femmes. Comment on peut élire comme premier flic de France, un homme suspecté de viol et de trafics d’influence ?Comment on peut le mettre à la tête d’un tel ministère ? Je croyais que [Emmanuel] Macron avait dit, qu’il voulait un gouvernement exemplaire. L’image de la France à l’étranger quand on lit le Courrier International par exemple, on voit qu’on se fait défoncer.

La nouvelle saison de Nina arrive à grands pas. Serait-ce la dernière ?

Oui malheureusement. Sauf s’il y avait une énorme audience mais même ça… J’ai gardé contact avec Hervé, un des pompiers de Villeneuve St Georges, qui est devenu plus qu’un collègue. C’est comme un frère pour moi, il me suit sur les tournages, il me garde Mac Fly [son chien]…
J’ai appris que certaines ailes de l’hôpital où on tournait, avaient été démontées.

Pour vous parler un peu de cette nouvelle saison, on pourra voir, lors du premier épisode, en guest, Frédérique Bel [vue dernièrement dans la série Pour Sarah] et Mélanie Maudran [toujours présente dans Un si grand soleil sur France 2].

Au niveau de l’histoire, Kévin est mort. L’hôpital ferme ses portes faute de budget. Mais Nina est amoureuse de Hugo, avec qui elle va vivre une belle histoire d’amour. Les bonnes nouvelles succèdent aux mauvaises.

J’ai entendu dire que vous alliez reprendre les tournages d’épisodes pour la 18ème saison de Alice Nevers pour TF1, qui a été suspendu pour cause de confinement. Quel sera votre rôle ?

Je vais jouer le rôle de Romane Andréani, commandante de gendarmerie de L’Île de Noirmoutier. C’est une femme blessée, qui a perdu son fils un an auparavant. Elle doit enquêter sur la disparition et le meurtre de plusieurs filles, le jour d’une fête spéciale insulaire. Alice et Marquand sont en vacances sur l’île au même moment. Ils vont participer plus ou moins et malgré eux à l’enquête.

J’ai travaillé mon rôle malgré moi, durant mon confinement sur l’île. J’ai eu le plaisir de croiser pas mal de gendarmes qui étaient un peu sur les dents pendant le confinement (imposer des choses, être carré).

Quels sont les actus dont vous pouvez nous parler (cinéma, télévision,…) ?

Non le cinéma, ce n’est pas pour moi. Il y a encore trop de snobisme. Nous sommes très vite cataloguées : « elle fait encore trop de télévision ». Il faut vraiment cartonner à la télévision pour que le cinéma revienne.
En même temps, ce cinéma-là, a prit un coup de pelle dans la gueule avec d’un côté les Césars et de l’autre le Covid. Je pense qu’ils vont se calmer un peu.

En même temps, le cinéma, a pris un coup de pelle dans la gueule avec d’un côté les César et de l’autre le Covid. Je pense qu’ils vont se calmer un peu.
Mais les plateformes [de streaming] arrivent en face. Elles font de plus en plus de réalisations et proposent aux comédiens qui font de la télévision, de belles opportunités.
Cependant c’est plus compliqué car Netflix, c’est un peu l’uberisation du travail donc plus dur, moins bien payé. Il faut aller vite.
C’est vraiment marche ou crève, il y a plus de 10 000 personnes qui veulent faire ça. C’est cette réalité que je ressens depuis que je suis dans le métier. J’ai eu des passages à vide à des moments car je ne suis pas quelqu’un qui sacrifie sa morale à ses valeurs. Parfois on a très peu d’offres aussi.

Donc quel projet vous tient le plus à coeur pour nous le présenter ?

Le projet qui me tient le plus à cœur et qu’on réalise en ce moment car on est en production et dans l’attente de réponse de TF1 mais aussi de plateforme, c’est ce que ma sœur, Élodie, est en train d’écrire avec Virginie de Clausade, « Femme de porcelaine, Limoges 1905 ».

Élodie Hesme, ma sœur, a écrit entre autre les paroles de la sublime chanson de Tina Arena « Aimer jusqu’à l’impossible ».

Cette serie sera l’histoire de la première révolte féministe qui a essayé, je dis bien essayé, car aujourd’hui on essaie encore de changer les rapports. C’est la première fois que des femmes gagnaient contre leurs harceleurs.
Ici un dénommé Penaud, qui a l’usine de porcelaine Haviland, à chaque fois qu’une ouvrière passait pour aller pointer, il la choppait, la pelotait, la violait. Et après, comme si de rien n’était, elles allaient peindre sur la porcelaine. Elles se faisaient violer un matin sur deux à partir de 13 ans. Et ça c’était la coutume.

Un jour, Anne (mon personnage) se révolte et va agresser Penaud. C’est le début de cette révolution, de l’embrasement. Ma petite sœur, Clotilde, joue le rôle de la femme du patron de l’usine. Leurs destins vont se croiser. On va s’apercevoir que ces destins sont liés, que ces deux jeunes femmes sont des sœurs abandonnées mais au destin différent. L’une a été adoptée par le grand docteur Frinke [joué par Thierry Lhermitte] et l’autre est restée à l’orphelinat et a eu une vie plus dure. C’est vraiment une belle histoire sur un fond de lutte sociale.

Ce projet sera sous forme de 6 épisodes.

Annelise Hesme est une comédienne aux mille facettes. Une femme engagée qui défend corps et âme ses valeurs.
Nous avons hâte de la découvrir dans son rôle pour Meurtre à Toulouse. En attendant, nous retrouverons prochainement Annelise Hesme dans les aventures de Nina. Et nous avons hâte de découvrir cette série historique féministe qu’elle tournera aux côtés de ses deux soeurs. Merci Annelise Hesme d’être une belle personne et d’avoir de belles valeurs.

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