Printemporel de Louise Frottin : confidences artistiques d’une victime de violences conjugales.

violences

En France, il y a malheureusement de plus en plus de victimes de violences conjugales. Le plus dur quand on est victime, c’est osé en parler. Avec Printemporel, Louise Frottin nous offre la possibilité de pouvoir en parler librement au travers des mots.

Printemporel est, comme un recueil de bribes de souvenirs à la façon poésie, d’une exposition de tableau racontant la vie d’une femme, victime de violences conjugales. Voici le journal intime d’Isabelle, une femme meurtrie par la vie mais qui pourrait s’en sortir qui sait.

Le personnage central :

Isabelle est une jeune femme pleine de joie, de talent. Ayant un goût pour les mots, elle adore aussi écouter la musique. C’est en quelque sorte son exutoire. Au travers de ses mots, elle nous raconte sa vie, ses douleurs, ses coups, et coup de foudre. Elle vit une vie simple avec Karl son mari. Celui qui régulièrement la frappe mais aussi l’aime à sa manière. Malgré cela, Isabelle est une optimiste et essaie de croire qu’elle pourra s’en sortir. Isabelle se réfugie lors de ses séances de violences dans son havre de paix, sa cave à vin où elle écoute de la musique en buvant un bon cru. Isabelle est une musicienne de l’âme. Ces diverses rencontres lui permettent d’entrevoir peut-être un minuscule espoir qui sait…

Sa description de Karl :

Je l’ai choisi. Mais il y a eu tromperie sur la marchandise. Quand je l’ai rencontré, il était passablement beau. Pas vraiment laid.

Il m’a courtisé, mais pas trop, assez pour que notre histoire démarre et se déroule comme un long fleuve.

Celle de Louise :

Sous ces lettres se cache un prénom complexe. Sous ces apparences, c’est une femme complexe.

Sa description de Sébastien :

il y avait chez lui cette fragilité et ce flegme qui me faisait défaut.

Il m’a conquise ce jour là sans n’avoir rien à faire.

les autres personnages :

Karl : c’est le mari d’Isabelle. L’ouvrier qui l’a troublé plus jeune. Sauf que l’image est trompeuse. Karl est possessif, jaloux, brute… Il est devenu alcoolique, et comme on le sait bien , l’alcool provoque des réactions qui peuvent être violentes. Lui, son plaisir est de frapper sa femme.

Louise : c’est un personnage troublant. Elle est la caissière de la jardinerie, où va régulièrement Isabelle. C’est une femme secrète qui intrigue Isabelle. Elle semble cacher les plaies d’un lourd passé. Ces deux femmes vont sympathiser. Louise va essayer de redonner vie à Isabelle, comme si elle arrosait une fleur entrain de faner. Elle a une passion commune avec Isabelle, la musique.

Sébastien : C’est le sublime frère de Louise. Il va avoir la chance de rencontrer la mystérieuse Isabelle. Celle qui ne le laissera pas indifférent. Mais Sébastien est marié. Sa sœur Louise ne voit pas d’un bon œil ce rapprochement. Tout aussi musicien qu’Isabelle, ils vont échanger sur leurs goûts, leur envie…

Nous avons touché et embrassé l’Évidence.

Synopsis :

Printemporel ne peut être résumé comme un simple livre. Il est en quelques sorte le journal intime d’Isabelle, qui dépeint ses émotions aux travers de mots, de sensations, d’image métaphorique aussi artistique que poétique. Isabelle nous raconte page après page ses journées, ses soirées. Elle nous parle aussi de son couple. Son mari est devenu violent, non chaland et son seul plaisir est de faire du mal, de taper sur sa femme. Elle est devenu son punching-ball presque. Mais isabelle garde la tête haute du moins elle essaye. Ces multiples rencontres, surtout une, va la faire réfléchir et se remettre en question.
Un évènement lui fera peut-être entrevoir un espoir mais la route risque d’être longue et tortueuse…

Imaginez une galerie de peinture où chaque tableau représente un chapitre de la vie d’Isabelle. Chaque histoire peut être interprété de diverses manières suivant le lecteur. La peinture est parfois un exutoire. Chaque sensation visuelle, tactile est personnelle et chaque individu le perçoit de manière totalement différente. Les émotions sont parfois incontrôlables, retenues.

Louise Frottin nous fait découvrir un roman riche en émotion. Un moyen que beaucoup de monde peut utiliser comme un exutoire.

Printemporel de Louise Frottin, JDH EDITIONS, collection magnitudes. 262 pages 19€.

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Une réflexion sur “Printemporel de Louise Frottin : confidences artistiques d’une victime de violences conjugales.

  • 26/02/2021 à 16h10
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    La confidence se met en scène, les mots glissent, fuient, prolifèrent sans jamais forcer le trait. Planquer en embuscade derrière les mots, l’ auteure regarde tourner les rouages.
    Un talent d’écrivaine Louise FROTTIN

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