Entrevue de la brillante réalisatrice Sylvie Ayme de “Meurtres à Toulouse” diffusé ce soir sur France 3.

Cette semaine spéciale touche bientôt à sa fin avec la diffusion ce soir de « Meurtres à Toulouse » en prime time sur France 3 avec le duo remarquable de Camille Aguilar et Lionnel Astier brillamment mis en scène par la réalisatrice Sylvie Ayme.

Et c’est Sylvie Ayme qui clôture les interviews de l’équipe du film pour notre plus grand plaisir. Jean-Baptiste le producteur était présent lors de l’entrevue.

Bonjour Sylvie, ce retour à Toulouse : « Ça palpite ou ça palpite pas » ?

C’est joliment dit Vanessa (rires). Evidemment ça palpite. Ce qui est drôle c’est que quand nous étions sur le tournage à Toulouse, c’était la canicule et là, on revient sous la pluie (rires collégiaux). On était tellement content de se retrouver parce que ça fait 6 mois qu’on ne s’est pas vu. Notre complicité a vite refait surface et la joie de cette équipe qu’on a formée sur le plateau avec notre producteur et tout le reste de l’équipe technique, tous quasiment toulousains. Je suis vraiment très contente de les revoir ce soir.

Tu m’as dit dans une précédente interview (à retrouver ici) que le duo de Camille Aguilar et Lionnel Astier dans « Meurtres à Toulouse », c’était un tango.

Oui c’est vrai. Ce tango, on en avait parlé avec Jean-Baptiste, on avait envie de faire un générique avec des silhouettes danser un tango. Les mouvements auraient écrit le lettrage. L’idée n’a pas pu aboutir, mais dans mon esprit et dans l’énergie que Camille et Lionnel ont emmenée à leurs personnages, j’ai vraiment trouvé que c’était un tango. Mais un tango particulier car on ne sait pas qui mène la danse.

C’est ce que vous avez mis en place tous les trois ?

Oui c’était un travail à 6 mains et on a eu beaucoup de chance d’avoir cette entente formidable et même exceptionnelle.

Après « Alex Hugo » et les « Ondes du souvenir », tu as retrouvé Lionnel que tu apprécies énormément. Est-ce que tu as un petit mot ?

Oui, ce que j’aimerais maintenant c’est le retrouver sur un rôle totalement différent. Je voudrais le surprendre sur un personnage où on ne l’attend pas. C’est un comédien très généreux, on peut l’amener n’importe où et je crois qu’il suivra toujours volontiers parce que c’est un explorateur d’âmes et de rôles (rires collégiaux).

Et dans ce « Meurtres à Toulouse », tu as la pétillance de Camille.

Oui, Camille, c’est notre bijou. Une merveilleuse découverte, même si je l’avais déjà vue dans d’autres films où elle avait montré son talent. Mais, là, leur rencontre a été super. Ils ont emmené le duo avec toute l’énergie de leur enthousiasme et ils sont sorti d’un conformisme dans lequel on aurait pu très vite s’établir. Ils ont donné une vie authentique et vraie à leur couple.

Une belle vitalité.

Oui le mot vitalité est vraiment juste. Et beaucoup d’humour, de légèreté et de tendresse. C’est un polar tendre !

C’est Jean-Baptiste Neyrac le producteur qui le dit, non ?

Oui exactement, c’est son mot ! (rires collégiaux).

On le sait un film serait impossible sans une équipe derrière soi. Il y a des membres de l’équipe qui vont venir à la projection ?

Oui. J’espère qu’ils seront nombreux. Sylvie Duluc est le merveilleux catalyseur de cette équipe puisqu’elle est locale. C’est une directrice de production, attachée à Jean-Baptiste. Elle connaissait vraiment beaucoup de gens. En ayant tournée sur « Le pont du diable » ou sur les « Candice Renoir », je connaissais une partie de l’équipe. On a formé une équipe très, très chouette. Des gens très talentueux, il y a une pépinière de talents incroyables à Toulouse.

On peut parler de Marc Romani aussi en tant que directeur de la photographie ?

Oui Marc le chef opérateur qui a fait l’image de ce film. On a beaucoup travaillé les couleurs. On a essayé de trouver une gamme entre le bleu de la Garonne, la couleur du fleuve, un bleu allant vers le violet, et le rouge des briques de la ville, comme dit la chanson de Claude Nougaro. On a travaillé cette bichromie dans les costumes et les décors de Philippe Prat.

Petit aparté, sur le générique de fin apparaît le nom de Catherine Longeois qui a travaillé sur le film.

Jean-Baptiste : Catherine était une maquilleuse qui est venu en renfort sur le plateau. Elle était atteinte d’un cancer en phase terminale et elle voyait dans ces quelques jours de tournage une possibilité de conserver une énergie, un lien avec ce métier qu’elle adorait exercer. C’est toujours étonnant de voir quelqu’un dans des difficultés importantes et qui finalement les surmonte pour pouvoir faire son métier.

C’était une passionnée. Elle avait beaucoup de talent et elle était d’une extrême gentillesse. Je crois que pour Sylvie Duluc qui est très attachée humainement aux équipes qu’elle suit, c’était aussi important pour elle que Catherine figure au générique.

J’en parlais tout à l’heure avec Jean-Baptiste mais il y a une belle scène autour d’un repas entre Yvan, Annelise Hesme et Camille Aguilar.

Oui, Il y a cet équilibre formidable entre ces trois super comédiens qui ont vraiment trouvé chacun leur partition. C’est une belle scène avec beaucoup d’émotion car Yvan Le Bolloc’h sort la guitare de son frère décédé qui est aussi le père du personnage de Camille Aguilar. On sent la tristesse mais elle n’est pas dite. Le deuil est encore présent dans la vie de cette famille. Yvan joue très bien ce moment, cette pudeur de ne pas dire les choses. De donner l’émotion, comme si de rien n’était…

Une sacrée pléiade de comédiens dont Astrid Whettnall qui joue Isabelle Barutel la procureure.

Astrid est une magnifique comédienne. Un très beau couple avec le personnage de Lionnel Astier. On y croit. On sent la femme amoureuse mais en même temps un amour d’une génération mûre. Ils ont tous les deux un passé, un vécu, des attentes. Elle ne cherche pas à s’imposer. Elle aimerait que Simon reprenne goût à la vie et accepte de l’aimer.

Parlons aussi de Marc Citti.

J’avais très envie depuis longtemps de travailler avec Marc et quand j’en ai parlé avec Jean-Baptiste, il a tout de suite été partant. C’est un excellent comédien. J’aime beaucoup la scène du baby-foot. Il arrive avec Camille à faire passer beaucoup d’émotions.

Jean-Baptiste : Il y a la scène du fourgon aussi où Camille prend la main sur l’enquête et où il la met en garde. Mais après il est épaté de l’aplomb de Cécile Gimet face au suspect.

Mais tu sais, là où il m’a bluffé, c’est dans sa virtuosité corporelle. Marc a une scène où il chute, malmené par l’assassin.  Il a donné une vraie violence à ses chutes et a rendu cette scène hyper crédible. Cela a donné encore plus de force à l’assassin. On a vraiment peur pour lui.

Et des personnages qui apparaissent par touche dont le fameux policier des archives ?

Oh oui ! Ce comédien tout le monde m’en parle. Il faut absolument que je le reprenne dans un prochain film (rires collégiaux). Nicolas Lainé a fait une vraie proposition sur son personnage.

Elodie Buisson est aussi remarquable, elle joue la cardiologue et elle apporte une nuance très juste dans son rôle, tout comme Delphine Alvado qui interprète la médecin légiste. Des rôles qui donnent du sens à l’ensemble. Comme je le disais, à Toulouse, il y a une belle pépinière de talents tant parmi les techniciens que les comédiens.

J’ai eu la chance de venir sur le tournage de « Meurtres aux îles du Frioul », puis après j’ai suivi le cheminement dont la fin du tournage où tu filmes les remerciements des comédiens présents dont Francis Huster, Jeremy Banster et Myra Bitout.

Oh oui ! Quel moment ! Quand Francis (Huster) a pris la parole… Waouh ! C’est un tournage qui s’est très bien passé avec les comédiens, très intense. Quand en plus ils te donnent reconnaissance, tu ne peux espérer plus belle récompense. Merci à eux.

Tu as un super duo avec Jeremy Banster et Francis Huster.

Oui un très beau duo père/fils qui s’oppose parfaitement, un choc des générations, aussi, comme dans “Meurtres à Toulouse”, avec deux écoles de police, deux univers de la PJ. Les costumes, leurs attitudes, leurs comportements, leurs façons de parler, d’interroger les suspects, tout nourrit des personnages denses et très différents. Tout en gardant un lien très fort entre eux.

Tu as aussi cette pétillance que tu affectionnes dans tes films, incarnée cette-fois ci par Myra Bitout.

Oui, tu me connais trop bien, je ne peux plus rien te cacher (rires collégiaux). Myra interprète magnifiquement le personnage de Yasmine apportant une touche qui éclaire un peu plus le duo porté par Francis Huster et Jeremy Banster.

Des projets ?

Oui, j’ai, entre autres, deux projets d’écriture. J’en parlais justement avec Jean-Baptiste car j’aimerais beaucoup retravailler avec lui. J’ai un projet d’écriture d’un polar avec une comédienne et scénariste qui s’appelle Noémie Kocher.

Et une comédie sentimentale qui se passe au Maroc avec Jeremy Banster. Une magnifique histoire d’amour doublée d’un duo comique, un truc énorme. Je ris beaucoup en l’écrivant. Je vais travailler dessus avec une romancière qui s’appelle Nelly Alard, une scénariste de la série « Un si grand soleil ». C’est pour ça aussi que je l’ai choisie car elle connait très bien Jérémy. Elle a écrit un livre « Moment d’un couple » qui est tellement juste sur le couple et extrêmement bien écrit. Nelly va être magnifique pour des répliques corrosives du duo amoureux.

Je croise vraiment les doigts pour que tes projets aboutissent. Merci encore pour cette entrevue, c’est un plaisir de te revoir.

Merci Vanessa, plaisir partagé.

SEMAINE SPECIALE :  MEURTRES A TOULOUSE

L’interview de Sylvie Ayme clôture cette semaine spéciale de « Meurtres à Toulouse » où vous avez pu découvrir en people de la semaine, le comédien Lionnel Astier suivi par la soirée projection du film au cinéma Gaumont Wilson à Toulouse puis par l’entretien de la comédienne Camille Aguilar. Ensuite, une discussion avec le producteur Jean-Baptiste Neyrac, mais aussi le retour des confidences de la comédienne Annelise Hesme. Une semaine complète et très enrichissante.

 

Diffusion

Bien entendu, rendez-vous ce soir devant « Meurtres à Toulouse » à 21h05 sur France 3, en compagnie de Camille Aguilar, Lionnel Astier, Yvan Le Bolloc’h, Marc Citti, Annelise Hesme ou encore Astrid Whettnall, devant « Meurtres à Toulouse » réalisé avec brio par Sylvie Ayme.

Synopsis

Quel rapport peut-il y avoir entre des cadavres retrouvés au petit matin sur des places de Toulouse, et les paroles d’une chanson de Claude Nougaro ? C’est cette enquête délicate que vont devoir résoudre le Commandant Simon Keller, un homme meurtri par la vie et la jeune Cécile Gimet, tout juste sortie de l’école de police… Dont c’est la première enquête sur le terrain.  Diminué par la maladie, Keller mettra un point d’honneur à boucler cette enquête au plus vite. Quant à Cécile, elle ne se doute pas que cette histoire va faire resurgir dans sa vie les secrets douloureux de sa propre enfance.

“Meurtres à Toulouse” est déjà disponible en avant-première sur SALTO !

Montage photo article : © Yan RB et Ulrich Lebeuf/Neyrac Films/France TV

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2 réflexions sur “Entrevue de la brillante réalisatrice Sylvie Ayme de “Meurtres à Toulouse” diffusé ce soir sur France 3.

  • 31/05/2021 à 15h24
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    TV et colonialisme sans le vouloir
    Samedi soir, j’ai voulu, pour savoir où cela nous mènerait, voir un film tourné à Toulouse. ” Meurtres à Toulouse”, sur FR 3 à 21h. On a vu… ce qu’ils voulaient que les gens voient de la ville. Il y avait un comédien-locomotive, le Bolloc’h, toulousain célèbre. L’histoire avait pour héros des gens natifs de Toulouse et y vivant depuis toujours.
    AUCUN acteur ou figurant n’avait l’accent toulousain. AUCUN !!!
    Cela me rappelle ” Le bonheur est dans le pré” qui se passait dans le joli Gers valloneux où l’on y voyait les incontournables oies. On y voyait une Carmen Maura et ses deux filles, authentiques gersoises mais pas oies pour autant. On y voyait les deux frères Cantona, célèbres joueurs de rugby de l’équipe de Condom. On y eut, donc, le français parlé avec l’accent espagnol, les rugbymen gersois avec l’accent de Marseille, peuchère( !) que tu sentais l’odeur de la morue, tè ! Et, évidemment, le charme fou de l’accent parisien était assez présent pour que l’on ne se perde pas trop dans ces aventures en terre étrangère et, pourtant si familière à qui sait en apprécier le charme exotique.
    A la même heure, y avait rugby, pour les riches qui paient canal + de fric.
    O hilh de puta !

    Pourtant j’adore le cinéma et de partout dans le monde, mais là… Dites à Sylvie Aymé de faire gaffe, la prochaine fois. Merci.

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  • 29/05/2021 à 18h51
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    Bravo Vanessa! très bel interview parfaitement documentée et surtout fluide qui nous entraine a lire la suite…. Bravo!

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