Entrevue de Sylvie Pialat, Grande Inquisitrice de la 10ème édition du Fifigrot, le Festival Grolandais de Toulouse

Cette année, après le dictateur Jean Dujardin et la grande prêtresse Blanche Gardin, le Fifigrot pour sa 10ème édition du festival Grolandais de Toulouse a accueilli la grande inquisitrice Sylvie Pialat qui a bien voulu nous accorder audience.

Bonjour Sylvie, nous sommes au festival Fifigrot, le festival Grolandais de Toulouse dont vous êtes l’inquisitrice. Qu’est-ce que ça vous fait ?

Ça me plaît bien d’être la présidente du jury dont je suis la seule représentante ! Ça évite les discussions (rires). Cela me plaît beaucoup, surtout que je succède à Blanche Gardin ce qui n’est pas une mince affaire (rires collégiaux). Mais en fait, je suis très détendue.

Comment allez-vous faire le choix de l’Amphore d’Or ? Est-ce par la technique utilisée ou un choix de cœur ?

Je ne suis pas du tout professionnelle quand je regarde un film. Je le visionne juste. Il me plaît, un peu, beaucoup, pas du tout. La technique, ce n’est pas quelque chose qu’on regarde, c’est comme la mise en scène. Ça se ressent. Souvent, les gens ne savent pas pourquoi ils ont tellement aimé un film. Pourtant, très souvent, c’est quand même la mise en scène. Car c’est quelque chose qui ne se voit pas mais qui fait que les choses entrent en vous.

Là, vous avez une belle petite sélection tout azimut. Avez-vous beaucoup ri ?

Oui, j’ai ri. Il y a un mélange de toutes les émotions !

Il y en a qui frappe au cœur ?

Oui aussi, c’est une sélection très éclectique. On sent bien que les gens qui ont sélectionné ne sont pas une seule et même personne. C’est très varié. C’est assez agréable et drôle, par là je veux dire que c’est une sélection étonnante.

Est-ce qu’on peut dire que Gérard Depardieu est un petit porte bonheur ?

C’est beaucoup plus que ça ! Gérard Depardieu, c’est un géant.

Le fait est que vous avez produit plusieurs films avec lui.

Oui, c’est surtout que mon mari a tourné beaucoup de films avec lui. J’ai eu la chance d’en tourner quelques-uns. Gérard, c’est hors…

Hors catégorie ?

Tout à fait, hors catégorie. On est nombreux à le penser, mais c’est toujours bon de le rappeler.

Comment sélectionnez-vous le film que vous allez produire ?

En général, c’est le metteur en scène qui me donne envie. Après, pour des premiers longs métrages, parfois il y a eu des courts métrages réalisés avant, donc vous prenez conscience des choses. Et si ce n’est pas le cas, ça peut être le sujet qui représente un pari, parce qu’un sujet ne fait pas un film. Ce n’est pas le seul critère qui rentre en ligne de compte.

Un film qui vous a marqué dans votre vie ?

Il n’y en a pas qu’un (rires). En général, je réponds les films de Chaplin pour poser les choses (rires collégiaux).

Réel coup de cœur ?

Absolument, je l’aime beaucoup. Lui aussi c’est un génie. À la fois, je ris et je peux pleurer comme une madeleine. C’est extraordinaire Chaplin !  Ça m’a marqué parce que ce sont des films qu’on voit jeune qui nous touchent déjà et qui, adulte, nous atteignent différemment. J’ai eu la chance d’en voir avant l’âge de 13 ans, et cela pose un vrai palier (rires). C’est fort comme réalisation.

Allez-vous sur les tournages des films en tant que productrice ?

Je vais très peu sur les tournages. Je suis plus accompagnante sur des premiers films, mais je n’interfère pas sur un tournage. Je travaille beaucoup en amont sur le scénario avec le réalisateur et puis après au montage où, là, je suis plus présente, si on veut bien de moi (rires). Je peux être sur le plateau la première semaine s’il y a quelques changements de comédiens, des décors, mais c’est tout.

La post-production, le montage, l’étalonnage…

Alors, l’étalonnage ne change pas un film contrairement au montage. Et puis, après, on attend la sortie.

Quand découvrez-vous le film ?

Quand le premier montage est fini, pour être assez fraîche de toutes images, pour pouvoir avoir un regard le plus extérieur possible. Ainsi je peux voir ce qui va et ne va pas. Si on voit toutes les images de rush et autres, on a trop d’informations et pas d’esprit critique.

Parlons du film « Une mère incroyable » qui est sorti juste avant la pandémie…

Oui, j’adore ce film qui me fait bien pleurer et rire aussi. Je trouve très dommage qu’il n’y ait pas eu assez de gens pour le voir. Mais c’est vrai que c’est un film incroyable, tout comme la mère. Tout est dans le titre (rires). Un grand film sur les femmes, fait par un garçon.

C’est assez bluffant.

Oui, c’est magnifique. Et les actrices qui ne sont pas des actrices sont vraiment incroyables aussi.

Un tel regard de Franco Lolli.

Oui, c’est le regard d’un réalisateur très doué. Franco avait fait un court métrage « Rodrigue » qui était sur son oncle. Et là, il fait un film sur sa mère qui joue son propre rôle dans le film. Ce n’est pas du tout un documentaire, mais un film de cinéma. Ce film est épatant.

Et prochainement « Albatros » qui sera projeté en avant-première le 05 octobre 2021 au cinéma Gaumont Wilson de Toulouse.

Oui, tout à fait, je serai présente à la projection le mardi 05 octobre. Je pense qu’aujourd’hui avec la concurrence des plateformes et les films qu’on peut voir de la maison, celui-ci donne envie de se déplacer et de le voir au cinéma car il touche les gens directement au cœur. « Albatros » c’est un film simple qui se passe en milieu rural. C’est l’histoire d’un gendarme, de sa famille et d’un agriculteur. Je ne vais pas dévoiler ce qui se passe.

Non, on peut juste dire qu’il y a un évènement qui va chambouler sa vie.

Oui, cet évènement est la bascule qui peut nous arriver à tous. Alors, pas sous cette forme, mais de différentes façons qui entraîneront un bouleversement. La grande force de Xavier Beauvois, qui sait parler aux gens.

Vous avez hâte de faire la procession ?

Je ne sais pas, mais en tout cas je suis là (rires collégiaux). J’ai mon costume et je suis prête. Je suis très contente et très fière. C’est vrai que Groland avec Benoit Delépine, Gustave Kervern, Moustique, ça fait partie de ma vie depuis très longtemps. Et même, de notre vie quand j’étais avec Maurice Pialat et c’est vraiment une grande fierté d’être ici. De faire partie de cette famille.

Nous, en tout cas, nous sommes très heureux que vous soyez la grande Inquisitrice pour les 10 ans du festival Fifigrot.

C’est très gentil, merci. Oh oui, une décennie, mon dieu ! Je n’ai pas préparé de discours mais j’espère que les mots me viendront tout seuls.

Merci beaucoup Sylvie, Madame la grande inquisitrice !

Merci à vous.

Ce dimanche lors de la remise de prix, Sylvie a choisi un film parmi la sélection Officielle de la 10ème édition du Festival Fifigrot. Elle a remis l’Amphore d’Or 2021 à « Oranges sanguines » du réalisateur Jean-Christophe Meurisse.

Et quand on lui demande d’expliquer un peu plus son choix, voici sa réponse : « Ce film m’a fait beaucoup rire et c’est tout à fait l’esprit grolandais ! C’est un film politique qui ne se regarde pas le nombril. J’ai adoré et c’est pour tout ça qu’il mérite amplement l’Amphore d’Or ».

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